El Kamour : Tarek Haddad met au défi Hichem Mechichi d’utiliser la force

On ne présente plus Tarek Haddad ! Le porte-parole du sit-in d’El Kamour devenu, au fil des semaines le chef de file dans les négociations directes qui ont eu lieu avec le gouvernement, a mal encaissé l’avertissement lancé, ce mardi 3 novembre 2020, par le chef du gouvernement, Hichem Mechichi.

Et pour cause, il a aussitôt réagi en diffusant une vidéo dans laquelle il défie Hichem Mechichi, le gouvernement et l’Etat.

Lors d’un point de presse, tenu aujourd’hui, Mechichi a averti que le gouvernement passera prochainement à l’application de la loi par la force, et ce, afin de réactiver la production de pétrole à Tataouine et dans d’autres sites de production. « Il n’est plus question de prendre le peuple en otage », a-t-il estimé.

Des propos qui n’ont pas plu à Tarek Haddad. Réagissant aussitôt via une vidéo, il a choisi de défier le chef du gouvernement en déclarant que « les manifestants d’El Kamour ne craignent pas ses menaces ».

« Personne ne pourra les faire reculer tant que leurs revendications resteront vaines », a-t-il notamment dit rappelant, au passage que cela fait quatre ans qu’ils résistent. Tarek Haddad déclare clairement qu’ils ne renonceront pas et que les propos du chef du gouvernement ne vont pas les dissuader de résister.

Selon lui, Hichem Mechichi tente de semer la zizanie parmi la population de Tataouine et procède à un chantage en évoquant l’utilisation de la force pour faire appliquer la loi.

Il va même plus loin en conseillant à Hichem Mechichi de « laisse tomber le discours de la force ». « Tu n’es pas à la hauteur. La vanne ne t’appartient pas, elle appartient au peuple. Ne suscite pas la colère des habitants de Tataouine, nous serons là ».

Signalons, au passage, que Tarek Haddad reste l’instigateur numéro un du blocage de la production pétrolière et gazière dans le sud du pays sous prétexte que le pétrole et le gaz appartiendraient à Tataouine ?

Il est coupable d’avoir encouragé le blocage de la production pétrolière et gazière en tant que porte-parole du sit-in d’El Kamour. Blocage qui a causé des pertes financières colossales à la Tunisie et qui, surtout, menace l’avenir de plus de 2000 employés des sociétés pétrolières de la région.

Entre grèves de la faim, sit-in, protestations, manifestations, Tarek Haddad a toujours été au premier plan… Au point d’être reçu par le président de la République lui-même, Kais Saied, le 15 janvier dernier avec le statut de chef des protestataires d’El Kamour.

Quelques semaines plus-tard, Tarek Haddad optait de nouveau pour une escalade qui s’est traduite en juin dernier par un blocage total des routes principales à Tataouine et une grève sauvage de la faim.

La reprise du sit-in d’El Kamour avait conduit à des affrontements avec les forces de l’ordre et la situation avait alors dégénéré à Tataouine où, entre-temps les protestataires d’El Kamour avaient fermé les entrées menant au désert devant les véhicules des compagnies pétrolières.

A la suite de toute cette tension, Tarek Haddad est arrêté, mais une marche de protestation est organisée afin de revendiquer sa libération. Il sera libéré le 24 juin 2020, relâché en raison de son état de santé, ses avocats ayant présenté un dossier médical faisant état de ses maladies chroniques et de la crainte que son état de santé se détériore encore plus des suite de la grève de la faim.

Au fil des mois, Tarek Haddad s’est construit une réputation de négociateur en chef au point de devenir un véritable porte-parole pour les protestataires d’El Kamour. Au point aussi de s’exprimer dans les médias et aujourd’hui, de défier le chef du gouvernement…

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