Culture Solidaire : Dans le dédale aux dix-sept stations

Comme des balises dans un parcours de toutes les découvertes, les dix-sept expositions de la manifestation « Culture Solidaire » attendent le regard du public.

Disséminées dans un vaste espace de déambulation, les oeuvres exposées sont un peu partout, au détour d’un méandre ou bien au fond d’une perspective.
Les travaux artistiques sont nombreux et l’impression de labyrinthe est accentuée par le vertige des oeuvres et la diversité des disciplines.

Sans un fil d’Ariane esthétique, on se perdait dans cette débauche de signes et d’expressions. Bien sûr, les dénominateurs communs restent au nombre de deux au moins.

Toutes les oeuvres exposées sont nées du confinement entre urgence et précarité. Ensuite, tous les artistes présents ont bénéficié de l’appui de la Fondation Kamel Lazaar à travers la dotation Culture Solidaire.

Dans ce dédale aux dix-sept projets, le visiteur perçoit aussi l’écho des autres artistes inscrits dans cette dynamique. Ils sont en effet plus de trois cents à avoir participé à l’appel à projets avec une soixantaine d’élus.

Difficile de tout embrasser d’un seul regard tant la diversité est palpable et les œuvres distribuées dans l’espace de cette galerie, sans doute le plus vaste espace d’art contemporain en Tunisie.

Le visiteur laisse le hasard et son inspiration le guider dans ce labyrinthe où les oasis se succèdent.

Les Fragments de vie de Ghassen Chraifa se déclinent en images fixes et mouvantes. Un peu plus loin, Zaineb Henchiri évolue entre réel et virtuel avec son projet théâtral intitulé « Persona ».

Les artistes bousculent l’étanchéité des disciplines. Mouin Moumni se lance à la quête d’un monde parallèle avec des illustrations et des textes qui racontent le confinement. Dans un esprit comparable, Othman Selmi expose son Abécédaire du Covid 19 avec des clins d’oeil hilarants à l’actualité.

Changement de registre avec Senda Jebali et Sondos Belhassen qui avec leur projet « Rü-ten » marient danse, vidéo, photo et cuisine.

La musique règne sur « Pausa » avec Alia Sellami qui s’inspire de musiques sacrées et précisément du « hezb ellatif ». Dans un registre plus électronique, le projet « Homedrum » recompose les sons du quotidien dans une partition à six mains écrite par Amine Benali, Hamza Nasraoui et Hamdi Toukabri.

Plus loin, dans le silence feutré d’une salle obscure, Ahmed Benjemy déploie son Journal de bord en poésie, musique et vidéo. Quant à Bassem Ben Brahim, avec des spots filmés, il fait la part des sexualités autres dans un plaidoyer en images.

Les planches de bandes dessinées ne sont pas en reste. Porté par Aroussi Tabena, Zaineb Ben Hamouda et Zina Sayari, le projet « Jinn » se développe à la croisée du récit et des images.

Férielle Doulain fait appel aux nouvelles technologies pour son projet « La première fois où j’ai fait un pas à l’extérieur ». Des récits personnels et des oeuvres artistiques se répondent sur une plateforme et sur les murs.

Les artistes visuels complètent cet éventail d’approches et de sensibilités. Sonia Guerfel et Helmi Bouteraa présentent des collages intitulés « Portraits de famille ».

Wadi Mhiri joue avec son double dans le projet « Moi et mon autre moi ». Asma Ben Aissa installe ses paysages imaginaires et Ilyes Messaoudi se remémore en seize tableaux, les Nuits confinées de Schéhérazade.

Enfin, venus du sud, respectivement d’El Hamma et de Médenine, Sbai Gnaoui et Ferdaws Chamekh installent leurs imaginaires au coeur du labyrinthe des rêves.

Pour Gnaoui, ce sont plusieurs oeuvres nées de la récupération de débris en tous genres. Pour Chamekh, une structure occupe l’espace et porte le titre « Dans la peau de ma maison ».

Après la déambulation en dix-sept stations, il est temps de quitter le dédale. Bien sûr, il faudra trouver les issues, abandonner sa part de rêverie et réinvestir le réel.

Le voyage se termine. Toutes les nuances confinées sont désormais dans nos yeux. Propices au rêve et à la création, elles mettent en branle nos propres imaginaires.

Crédit photos : Firas Ben Khelifa

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