11 protestataires remis en liberté, calme précaire à Tataouine

Sur fond de tension et d’affrontements, les autorités judiciaires de Tataouine ont remis en liberté, ce lundi 22 juin, 11 personnes arrêtées après leur audition devant le ministère public.

Selon le président de l’Observatoire tunisien des droits de l’homme, Mustapha Abdelkebir, une personne qui est admise actuellement à l’hôpital régional de Tataouine sera traduite demain mardi devant le procureur de la République. Le porte-parole des sit-inneurs d’El Kamour, Tarek Haddad, qui a été arrêté à l’extérieur de la région, sera lui aussi traduit devant la justice, ajoute-t-il.

Les membres de la coordination d’El Kamour ont exprimé leur désengagement de ceux qu’ils qualifient d' »intrus » et qui, selon eux, n’ont pas respecté le caractère pacifique des protestations. Ils appellent à la mise en liberté du porte -parole des sit-inneurs Tarek Haddad.

Après une matinée assez calme, les affrontements ont de nouveau repris entre les protestataires et les forces de l’ordre à Tataouine. Les accrochages ont été observés aux alentours des districts de sécurité et sur la route principale du centre-ville.

En ce qui concerne la grève générale approuvée par l’organe administratif de l’union régionale du travail, la réponse et la mise en œuvre ont été relativement limitées, selon un membre du bureau exécutif de l’union cité par l’agence TAP.

Les protestataires d’El Kamour avaient fermé les entrées menant au désert devant les véhicules des compagnies pétrolières. Dans la soirée du jeudi 18 juin 2020, ils ont également bloqué la route reliant Tataouine et Médenine devant toutes les voitures, une escalade approuvée par la Coordination centrale d’El Kamour. Certains ont installé leurs matelas au milieu de la route, d’autres ont utilisé des pierres et des barils pour empêcher le passage des véhicules.

Les jeunes protestataires ont dénoncé l’absence de tout conseil ministériel sur la région, une semaine après avoir tenu une journée de colère devant le siège de l’union régionale du travail à Tataouine. L’escalade s’est donc traduite dans le blocage total des routes principales et la grève sauvage de famine entamée par le porte-parole du sit-in d’El Kamour, Tarek Haddad.

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