A contre-barbe : Au nom de la dignité de la Tunisie, je vous arrête !

Quand ces pantalonnades vont-elles enfin cesser ? Jusqu’à quand, quelques indélicats aussi vides que bruyants et vaniteux, vont-ils continuer à nous imposer leurs fuites en avant ?

Jamais représentation nationale n’aura été autant perturbée par des trublions qui jouent à s’insulter et nous méprisent en permanence, qui passent leur temps à odieusement interpeller des pays amis et s’aligner tout aussi odieusement sur des puissances étrangères belliqueuses et en quête d’espace vital.

Bien ou mal élus, peu importe! Car ces députés qui défient leurs électeurs sont le fruit d’un vote démocratique qui enfonce encore un peu plus une Tunisie livrée aux populistes, aux aventuriers et à une morale défaillante.

A l’heure où des députés tournent le dos à leurs combats antérieurs et trahissent leurs électeurs, comment se taire devant une élue en pleine « complotite » et traitant une autre députée de « chienne » ?

Comment se taire devant un maire néo-islamiste puisqu’il a tourné sa veste d’ancien destourien, qui joue à l’émir de son territoire municipal et n’hésite pas à interpeller le président de la République sur fond d’institutions en charpie et de salafisme triomphant ?

Comment rester de marbre face à toutes ces vilenies qui malmènent l’idée même de République, de contrat social et de démocratie ?

De plus en plus, la démocratie ressemble à un alibi pour des islamistes qui ne font que gagner du temps et détricoter tout l’héritage d’une nation qu’ils voudraient offrir, bâillonnée, pieds et poings liés, à leurs maîtres ploutocrates.

Au nom de vos atteintes répétées à la dignité de la Tunisie, je rêve de vous arrêter et mettre ainsi fin à cette dérive de toutes les outrances.

Il existe des lois non écrites, des coutumes et une grammaire intime de notre Tunisie que vous écrasez chaque jour davantage.

Dans votre fuite en avant, vous avez aussi amplement démontré que pour vous, islamistes-frèristes, il ne saurait être question de réconciliation ou de progrès. Vous refusez d’entendre la Tunisie, toute la Tunisie et vous réfugiez derrière une « légitimité » qui peu à peu, fond comme neige au soleil.

Ce n’est pas en vous réfugiant derrière un mode de scrutin, des procédures électorales et un régime politique qui vous sont favorables car vous en êtes les instigateurs, que vous pourrez vous éterniser au pouvoir.

A cause de vos abus et de vos projets funestes, votre « légitimité » se rétrécit comme une peau de chagrin. Votre unique dessein en devient la promotion de toutes les abstentions ou bien le traçage de lignes rouges pour intimider le peuple tunisien.

Aujourd’hui, alors que vos destructions se multiplient et prolifèrent, il est temps de demander pardon. Pardon d’avoir pris en otage un pays, son peuple et a révolution.

Pardon d’avoir vidé les caisses de l’Etat tunisien en compensant vos militants à coups de milliards sur le dos des jeunes Tunisiens et des régions hier défavorisées et maintenant purement et simplement oubliées. Pardon pour aligner notre nation tunisienne sur des pays agressifs et nostalgiques des empires du passé.

Et s’il est un pays au monde qui devrait demander pardon à la Tunisie, c’est bien la Turquie néo-ottomane dont le président a bafoué l’honneur de tous les Tunisiens en se livrant à des gestes équivoques et belliqueux au palais de Carthage, siège de la présidence de la République tunisienne.

Cet affront pensé, prémédité et exécuté par Erdogan dans un lieu symbolique est une insulte à la Tunisie qui ne sera pas oubliée de sitôt.

Au nom de cette atteinte à la dignité de la Tunisie, je vous arrête, monsieur le président, pour ce geste hostile et ce défi à toutes nos institutions et notre indépendance.

Comment ne pas vous demander des excuses pour un fait d’histoire immédiate, un bras d’honneur à notre pays? Comment oublier ce geste dune violence inouïe et s’égarer dans les méandres des impérialismes du dix-neuvième siècle ?

Ce n’est pas à la France de demander pardon pour des faits bien antérieurs mais bien à la Turquie d’implorer notre mansuétude pour cet insupportable fait contemporain qui en dit long sur les connivences islamistes.

C’est au nom de cette atteinte à la dignité de la Tunisie que je demande des excuses. Et ce n’est aucunement au nom d’animosités inavouables ou d’alignements contraires. C’est au nom de la Tunisie que j’interpelle les coupables de cette humiliation faite à mon pays.

Moi, simple citoyen dans une nation qui construit sa transition démocratique, je suis certain que ma voix vaut celle de l’exhibitionniste Makhlouf ou de l’ultra Layouni. S’ils sont des élus, je suis le peuple et à eux aussi, je demande des comptes et des excuses.

Comment continuer à se taire devant ces dérives qui, chaque jour, sont de plus en plus outrancières et scandaleuses. Comment se taire devant ce délitement de la promesse démocratique par le fait d’élus dont les gestes sont discutables ?

Comment, enfin, se complaire dans un silence complice lorsque le parti islamiste prétend régenter la Tunisie comme aux pires années de Leila Trabelsi et ses acolytes ?

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