Tunisie : L’audition de Rached Ghannouchi, examinée en plénière, le 3 juin

Le bureau de l’assemblée des représentants du peuple (ARP) a décidé de tenir une session plénière le 3 juin prochain, pour examiner la demande d’audition du président du Parlement, Rached Ghannouchi.

Cette demande d’audition avait été présentée par le bloc du Parti destourien libre (PDL) et la motion présentée par le parti présidé par Abir Moussi « exhorte l’ARP à s’opposer à toute ingérence étrangère en Libye et à la création d’une base logistique sur le territoire tunisien pour favoriser cette intervention ». Le 3 juin prochain, séance plénière agitée en perspective !

Hier, les blocs parlementaires la Réforme nationale, de Tahya Tounes, de Qalb Tounes et d’Al Mostakbal ont soutenu la demande du PDL d’auditionner le président de l’assemblée, Rached Ghannouchi et publié un communiqué dans ce sens.

On reproche par ailleurs, au président de l’ARP d’avoir enfreint les coutumes diplomatiques tunisiennes après l’entretien téléphonique qu’il a eu avec le chef du Gouvernement d’entente nationale de Libye Faiz Sarraj

Attayar el-Chaâbi (le courant populaire), le parti des Travailleurs, le Mouvement Tunisie de l’avant, le Parti socialiste, le Parti national démocratique socialiste, el-Qotb, et le mouvement baâth ont émis, également un communiqué conjoint, pour condamner les agissements de Rached Ghannouchi.

Pour les signataires du communiqué, « Rached Ghannouchi a outrepassé les institutions » en les impliquant dans le conflit libyen. Ces partis accusent même Rached Ghannouchi, « d’œuvrer au bénéfice de l’organisation des frères musulmans, et ses positions ne reflètent que l’intérêt de cette confrérie ».

D’un autre côté et face au refus de sa demande d’auditionner le président de l’ARP, le bureau politique du Parti destourien libre (PDL) a opté pour l’escalade en décidant de poursuivre le sit-in au Parlement et d’entamer une grève de la faim progressive.

Il a également été décidé de signer une pétition populaire pour auditionner Rached Ghannouchi, tout en tenant à la demande de retrait de la confiance du président du parlement. Le Bureau politique a également décidé de contacter les parlements internationaux à ce sujet.

Rappelons qu’une audition du président du Parlement a été exigée après l’appel téléphonique qu’a eu Rached Ghannouchi avec le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Rappelons que la demande du bloc du Parti destourien libre (PDL), présidé par Abir Moussi, pour auditionner en séance plénière le président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Rached Ghannouchi, avait été rejetée le 7 mai du fait qu’elle « n’a pas de base juridique ».

La première vice-présidente de l’ARP, Samira Chaouachi avait précisé, le lendemain, qu’il n’y a aucun fondement légal à cette demande d’audition. D’où la possibilité de voir Abir Moussi déposer une plainte et saisir la justice afin d’ouvrir une enquête sur les relations entretenues par Rached Ghannouchi avec des parties étrangères.

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