Tunisie : 7 ans après l’assassinat de Chokri Belaid, ouverture d’une nouvelle enquête

Sept après l’assassinat de Chokri Belaid, le 6 février 2013, la Tunisie commémore aujourd’hui, la disparition du martyr assassiné en bas de son immeuble à El-Menzah VI. Une commémoration marquée par l’ouverture d’une nouvelle enquête.

Le 6 février 2013, Chokri Belaid était lâchement assassiné. Cet acte a plongé la Tunisie dans un climat de turbulences politiques. Et sept ans après, les commanditaires de cet assassinat politique sont toujours recherchés.

Si cette affaire ne fait plus autant parler d’elle, le collectif de défense de Chokri Belaid est là pour rappeler à tous les Tunisiens que beaucoup de zones d’ombres persistent. Et si ce dossier alimente toujours le débat public, sans que la vérité ne soit établie, le collectif a bien l’intention d’aller jusqu’au bout.

L’avocate Imen Ghzara, membre du collectif de défense de Chokri Belaid a annoncé à l’agence TAP, ce mercredi 5 février 2020, que sept ans après, le parquet a été contraint d’ouvrir une nouvelle enquête pour dissimulation de documents et de données liés à l’affaire ainsi que sur les armes utilisées.

Elle précise en outre que l’affaire a progressé depuis le 6 mars 2019, date à laquelle la Cour de cassation a donné raison à la défense en décidant de réexaminer le dossier et d’ouvrir une nouvelle enquête.

Par ailleurs, la progression de l’affaire se traduit, selon l’avocate, par l’ouverture d’une nouvelle enquête, le 31 décembre 2019. Elle porte sur « l’appareil secret d’Ennahdha qui a planifié les deux assassinats ». « Des chefs d’accusation ont été retenus contre 16 personnes », précise-t-elle.

A ce propos, elle cite des membres d’Ennahdha comme Riadh Barouni, Kamel Aifi, Tahar Boubahri, et plusieurs autres, qui encourent une peine de prison allant jusqu’à la réclusion à perpétuité.

Toutefois, si le ministère public a été « contraint à la réouverture de l’enquête sur l’appareil secret, il a tout fait pour protéger le président d’Ennahdha pour qu’il ne fasse pas l’objet de poursuites », dit-elle. L’avocate affirme pourtant qu’elle a « en sa possession des preuves impliquant le président d’Ennahdha dans cette organisation secrète ».

Ridha Raddaoui, membre du collectif de défense, évoque, quant à lui, la proximité évidente entre Ennahdha et Ansar Al Chariaa, rappelant que le parti Ennahdha n’a classé Ansar Al Chariaa comme organisation terroriste qu’une fois au pouvoir… après l’assassinat de Chokri Belaid et de Mohamed Brahmi.

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