En cas de dissolution de l’ARP, des élections législatives anticipées en mai ou juin 2020 !

Elyes Fakhfakh va-t-il obtenir la confiance de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) une fois son gouvernement formé ? Parviendra-t-il à convaincre Ennahdha et consorts alors qu’une fronde est en train de se former contre le candidat désigné par le Chef de l’Etat ?

Le président d’Ennahdha et président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Rached Ghannouchi l’a confirmé aujourd’hui-même en réitérant l’engagement de son mouvement à impliquer toutes les parties dans les concertations gouvernementales pour assurer une large base et ainsi obtenir une ceinture politique sur laquelle le gouvernement pourrait s’appuyer.

« Sans Qalb Tounes, le gouvernement de Fakhfakh, ne passera pas », a-t-il indiqué ce mercredi 5 février 2020 en référence à la décision prise par Elyes Fakhfakh d’exclure Qalb Tounes des concertations. Ennahdha a même annoncé qu’il ne signerait pas le document contractuel du gouvernement proposé par Elyes Fakhfakh si ce dernier continue à camper sur ses positions.

Ennahdha souhaite la formation d’un gouvernement d’union nationale qui « n’exclut aucun parti et bénéficie d’un large soutien politique » assurant qu’il ne reviendra pas sur sa décision d’élargir les concertations à tous les groupes parlementaires dont notamment Qalb Tounes, objet de ce désaccord.

Aujourd’hui, et face à ce blocage, Elyes Fakhfakh a-t-il encore le pouvoir de décider ? Fera-t-il marche arrière en acceptant d’intégrer Qalb Tounes dans les concertations ou gardera-t-il le cap qu’il s’est fixé ?

Il ne dispose plus vraiment de beaucoup de temps. Le compte à rebours a démarré le 20 janvier 2020 avec sa désignation par le président de la République, Kais Saied. Selon l’article 89 de la Constitution, il dispose d’un mois pour former son équipe gouvernementale et la présenter à l’Assemblée des représentants du peuple, soit la date limite du 20 février 2020.

Autant dire qu’Elyes Fakhfakh n’a pas de temps à perdre pour les concertation, choisir ses ministres, obtenir l’aval du président de la République et des partis et enfin obtenir la confiance de l’Assemblée des représentants du peuple.

Et si Fakhfakh échoue, au même titre qu’Habib Jemli, l’article 89 de la Constitution, stipule que le Président de la République peut dissoudre l’ARP et appeler à l’organisation de nouvelles élections législatives dans un délai d’au moins 45 jours.

Dans ce cas précis qui reste une hypothèse, l’Instance supérieure indépendante des élections (ISIE) doit se préparer à organiser des élections législatives anticipées qui pourraient avoir lieu entre le 1er mai et le 15 juin prochains, selon Farouk vice-président de l’ISIE.

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