J’ai passé neuf jours merveilleux au Festival du Film d’El Gouna

J’ai passé neuf jours merveilleux au Festival du Film d’El Gouna

Par -
GFF 2019 - Hinde Boujemaa, Hend Sabry, Hakim Boumsaoudi et Neila Driss après la projection du film Noura rêve.
GFF 2019 – Hinde Boujemaa, Hend Sabry, Hakim Boumsaoudi et Neila Driss après la projection du film « Noura rêve ».

 

Directement après avoir assisté à la cérémonie de clôture, je suis rentrée hier en Tunisie après deux belles semaines en Égypte pendant lesquelles j’ai participé à l’édition III du Festival du Film d’El Gouna (GFF) qui s’est déroulée du 19 au 27 septembre 2019.

J’y avais été trois jours en avance pour rester un peu au Caire, rendre visite à quelques amis égyptiens et assister au tournage d’un épisode d’une nouvelle émission TV avec Fifi Abdou, qui sera diffusée bientôt sur MBC 5.

Jeudi 19 septembre, je me suis présentée à 5h30 du matin à l’aéroport pour prendre le vol charter affrété par le Festival d’El Gouna pour nous emmener du Caire à Hurghada. Le vol fut très agréable, surtout que j’y ai rencontré plusieurs de mes amis.

A l’arrivée, chaque invité du festival a été accompagné à son hôtel. Cette fois-ci, j’ai été logée à un hôtel différent de celui de 2017. Très belle chambre avec une superbe vue sur la piscine, les palmiers et la mer.

GFF 2019 - Vue sur la piscine, les palmiers et la mer.
GFF 2019 – Vue sur la piscine, les palmiers et la mer.

D’après un invité du festival, à chaque édition, les festivaliers sont logés dans des hôtels différents pour leur faire connaitre encore mieux la ville d’El Gouna. Je ne sais pas si c’est vrai, mais c’est quand même une bonne idée. Il ne faut pas oublier que le GFF est un festival qui allie cinéma et tourisme et dont un des buts est justement de promouvoir la ville d’El Gouna, voire toute l’Égypte. D’ailleurs, un spot publicitaire vantant les mérites de la destination Égypte précède la projection de tous les films.

J’étais très excitée et très heureuse de me retrouver au GFF, d’autant plus que je gardais d’excellents souvenirs de la première édition qui avait eu lieu en septembre 2017.

La soirée d’ouverture, même si elle a été un peu pénible à cause de la fatigue du voyage, a été l’occasion de retrouver des amis et commencer à vivre l’ambiance du festival.

Ce n’est que le lendemain que le GFF a réellement démarré avec la distribution des programmes, badges… et surtout avec mon premier film, que j’avais choisi vraiment au hasard : Central Station. Un magnifique film portugais tout en émotions, datant de 1998, mais dont je n’avais jamais entendu parler. J’avais adoré. Et j’avais considéré que c’était un bon signe que de débuter le festival par un aussi beau film.

Certains ne voient du GFF que les photos qui circulent sur les réseaux sociaux des stars qui défilent sur le tapis rouge, et se font donc une fausse idée du festival. Ils ont complètement tort. Le GFF est un festival de cinéma et la programmation y est très belle. Aussi bien les films que les autres activités proposées.

Intishal El Tamimi, le directeur exécutif, Amir Ramsès, le directeur artistique et Bushra co-fondatrice du GFF, vont toute l’année d’un festival à un autre pour repérer et sélectionner les plus beaux films de l’année.

GFF 2019 - Le guide du festival et les divers tickets pour lesfilms et panels.
GFF 2019 – Le guide du festival et les divers tickets pour les films et panels.

Pendant ces neuf jours de festival, bien sur je ne pouvais pas voir tous les films, bien que je j’aurais souhaité pouvoir le faire, mais j’en ai vu 19, dont un que j’avais déjà vu à Cannes et que j’avais souhaité revoir à El Gouna :

  • Ad Astra de James Gray (USA)
  • 1982 de Oualid Mouaness (Liban)
  • Adam de Maryam Touzani (Maroc)
  • The girl with a bracelet de Stéphane Demoustier (France)
  • Lara de Jan-Ole Gerster (Allemagne)
  • Noura’s dream de Hinde Boujemaa (Tunisie)
  • Our lady of the Nile de Atiq Rahimi (France)
  • They say nothing stays the same de Joe Odagiri (Japon)
  • White on white de Théo Court (Espagne)
  • You will die at twenty de Amjad Abu Alala (Soudan)
  • Kabul, city in the wind de Abooz ar Amini (Afghanistan)
  • 37 seconds de Hikari (Japon)
  • The Knight and the Princess de Ibrahim Mousa (Egypte)
  • Piranhas de Claudio Gionannesi (Italie)
  • Sisters in arms de Caroline Fourest (France)
  • System crasher de Nora Fingscheidt (Allemagne)
  • The truth de Hirokazu Kore-eda (France)
  • When we are born de Tamer Ezzat (Egypte)
  • Central station de Walter Salles (Bresil)

Je précise que j’avais déjà vu tous les films programmés à El Gouna et qui étaient en compétition au Festival de Cannes, à savoir :

Quels sont les films que j’ai préférés ou qui m’ont le plus touchés ?
Tout d’abord, et incontestablement le film allemand System crasher.

Mais en réalité, la plupart des films sélectionnés, en compétition ou pas, remuent quelque chose en nous et poussent à la réflexion. Ils respectent d’ailleurs la devise du festival : Cinéma pour l’Humanité. Cet aspect « humain » est par exemple très visible dans des films comme System crasher et 37 seconds. Dans le premier, on devient complètement solidaire avec ces personnes dévouées qui veulent absolument « sauver » une petite gamine, pourtant d’une violence inouïe et qui représente un danger pour elle-même et pour les autres. Dans le second, on se rend compte à quel point il est difficile pour les personnes souffrant d’un handicap, de vivre dans un monde comme le nôtre et de faire face au regard méprisant et parfois au rejet, surtout lorsqu’il s’agit de relations amoureuses ou sexuelles.

Bien sur, j’ai adoré partager les émotions et la fierté de Hinde Boujemaa, Hend Sabry et Hakim Boumsaoudi pendant et après la projection du film tunisien Noura rêve. Je les ai accompagnés sur les plateaux TV et je les ai écoutés répondre aux divers journalistes qui les interrogeaient sur le film et les félicitaient.

GFF 2019 - Bulletin Quotidien - N°4 - Avec l'équipe du film "Noura rêve" en couverture.
GFF 2019 – Bulletin Quotidien – N°4 – Avec l’équipe du film « Noura rêve » en couverture.

En plus des films, chaque jour, il y avait des panels et des masters classes sur divers sujets qui concernent le cinéma. C’était très intéressant.

La master classe que j’ai le plus appréciée était « Rénovation et préservation : Tout ce qui est vieux est neuf à nouveau », sur la restauration et la préservation des anciens films, un patrimoine qui pourrait disparaitre, à travers l’expérience d’« IndieCollect » qui a pu restaurer un peu plus d’une trentaine de films indépendants américains et a pu leur donner une nouvelle vie, soit en les redistribuant, soit en les mettant à la disposition du public dans divers musées ou cinémathèques.

GFF 2019 - Les neufs numéros du Bulletin quotidien du festival.
GFF 2019 – Les neufs numéros du Bulletin quotidien du festival.

L’exposition à l’occasion du centenaire de l’écrivain Ihsan Abdel Quddous était aussi une manière de préserver le patrimoine culturel égyptien et même arabe. Des photos et objets personnels, des affiches de films, des tableaux, des coupures de journaux, le bureau de l’écrivain… étaient là pour nous rappeler à quel point cet artiste était grand et à quel point il a contribué à enrichir le cinéma égyptien, avec des films importants et inoubliables.

J’ai aussi beaucoup aimé le ciné concert, une manière de replonger dans les souvenirs et de me rappeler de grands films de ma jeunesse, comme Retour vers le futur (1985) de Robert Zemeckis ou Le Parrain (1972) de Francis Ford Coppola. Très belle initiative du GFF, initiée en 2018 avec un concert dédié à la musique des films de Youssef Chahine auquel j’aurais adoré assister.

Ciné concert actuellement au El Gouna Film Festival. Magnifique !#GFF #GFF2019

Publiée par Neila Massir Driss sur Mercredi 25 septembre 2019

 

J’ai passé neufs jours à El Gouna, neufs jours où j’ai essayé de profiter au maximum du festival, quitte à sauter la plupart de mes repas pour pouvoir aller d’un film à un autre ou d’une activité à une autre. Neuf jours aussi à faire de belles rencontres, à renforcer des amitiés, à discuter avec des professionnels, mais surtout avec des passionnés de cinéma.

J’aurais aussi aimé pouvoir assister à toutes les soirées, même si je sais que je n’aurais pas pu parce qu’il fallait quand même se reposer de temps en temps. Mais ce que je regrette est que par rapport à 2017, il y a eu une sorte de séparation entre les invités VIP du festival et les autres, comme les journalistes. En 2017, nous pouvions avoir accès aux stars beaucoup plus facilement et nous étions invités à des soirées organisées par les divers sponsors. Pas en 2019. En 9 jours, nous journalistes n’avons été invités à aucune soirée. Il est vrai que certains arrivent quand même à se procurer des invitations, mais pas moi. Surtout que je n’aime pas aller quémander et supplier. Je n’ai donc assisté qu’à deux soirées, celles organisées par l’UNICEF et par l’ambassade américaine en accompagnant Hend Sabry et Hinde Boujemaa. J’aurais adoré assister au concert de Amr Diab, organisé par Pepsi sur la plage, mais bon…

GFF 2019 - Le catalogue de l'édition III et les invitations pour les cérémonies d'ouverture et de clôture.
GFF 2019 – Le catalogue de l’édition III et les invitations pour les cérémonies d’ouverture et de clôture.

Lors de la cérémonie de clôture, quel bonheur lorsque Hend Sabry a remporté l’Etoile de Meilleure actrice pour son rôle dans le film tunisien Noura rêve. Quelle fierté aussi!

De retour depuis hier à Tunis, mais j’avoue que j’ai encore bien des étoiles dans les yeux. J’ai passé d’excellents moments à El Gouna. Grâce à toute l’équipe du festival, qu’ils soient bénévoles ou professionnels, tout était très bien organisé. Tous étaient à l’écoute et au service des festivaliers. Bravo et merci à tous.

A l’année prochaine j’espère !

Neïla Driss

Commentaires:

Lisez Aussi Sur Webdo

Tapis rouge