La Côte d’Ivoire dénonce l’attitude de la Tunisie et saisit l’OIM

La Côte d’Ivoire dénonce l’attitude de la Tunisie et saisit l’OIM

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Près d’une semaine après le déclenchement de l’affaire des Ivoiriens arrêtés à Sfax, transférés à Médenine, puis à la frontière tuniso-libyenne, au nord de Ras Jdir, leur gouvernement a réagi, sévèrement.

La Côte d’Ivoire a annoncé avoir immédiatement saisi l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) afin d’apporter de l’aide à ses citoyens dont la localisation est toujours inconnue.

Une note verbale a été envoyée aux autorités tunisiennes, à travers l’Ambassade de Côte d’Ivoire en Tunisie, traduisant une vive protestation du gouvernement ivoirien quant au traitement de ses citoyens.

Le Chargé d’Affaires de l’Ambassade de Tunisie en Côte d’Ivoire a été également convoqué par le Secrétaire Général du Ministère ivoirien des Affaires Etrangères. De même, les autorités ont décidé d’envoyer une mission conduite par le Directeur Général des Ivoiriens en Tunisie.

« Le Secrétaire Général a marqué son étonnement de noter que, malgré les excellentes relations d’amitié et de coopération qui ont toujours existé entre la Côte d’Ivoire et la Tunisie, de tels traitements sont réservés, de façon récurrente, aux ressortissants ivoiriens en Tunisie.

Le Gouvernement Ivoirien tient à souligner qu’il attache du prix à la vie et à la sécurité de ses ressortissants à l’extérieur comme il tient à la vie et à la sécurité de tous ceux qui habitent à l’intérieur de nos frontières, et en appelle au strict respect des conventions internationales, au respect de la dignité humaine et des droits des personnes migrantes », indique le communiqué.

Notons que selon ce dernier, il s’agit de 46 personnes de nationalité ivoirienne et non une trentaine comme l’ont relayé plusieurs médias.

Dans un communiqué rendu public le 7 août, le système des Nations Unies en Tunisie affirme être informé « qu’un groupe de 36 migrants de nationalité ivoirienne, y compris des enfants en bas âge et onze femmes, dont une enceinte, aurait été transféré par les autorités tunisiennes le 4 aout 2019, depuis Sfax vers la zone frontalière entre la Tunisie et la Libye ».

L’ONU s’est montrée préoccupée « par le risque que ces personnes soient transférées en Libye, pays en situation de conflit, où les conditions de leur sécurité ne seraient plus assurées ».

Pour sa part, le président de l’observatoire tunisien des droits de l’Homme, Mustapha Abdelkabir, a démenti l’expulsion de 36 migrants ivoiriens du gouvernorat de Sfax vers la frontière tuniso-libyenne.

Cité par l’agence TAP il a affirmé que la vidéo relative à cet incident diffusée sur certains réseaux sociaux était truquée.

Il a souligné que personne ne peut atteindre la frontière terrestre entre la Tunisie et la Libye, étant donné que c’est un périmètre militaire fermé et une zone de conflit du coté libyen et que la Libye interdit strictement l’accès de tout étranger à son territoire en particulier les africains qui ne portent aucune pièce d’identité.

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