Folies princières !

Folies princières !

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Tribune | Par Mohamed Habib Salamouna, professeur de français

« Ce vice impuni, la lecture », écrivait Valéry Larbaud. L’oubli vient d’être réparé. Et les lecteurs tunisiens, pas plus vicieux que les autres, ont été dûment « punis » lors de la 35ème édition de La Foire Internationale du Livre de Tunis.

Les prix exorbitants (pour ne pas dire « indécents », car cela frise l’arnaque !) des livres papiers ont visiblement freiné les achats, et ce n’est pas moi qui le dit. Paru le 11 avril 2019, le sondage Emrhod, révèle que 82% des personnes interrogées à l’occasion de la de FILT 2019 n’ont acheté aucun bouquin en dehors des livres religieux, des parascolaires, des manuels de cuisine et des magazines.

Prenant mon mal en patience, je me suis rabattu (après un marchandage ardu) sur une « nouvelle » (pas autant que ça) édition de la « célèbre » (pas autant que je sache) trilogie Le Pouvoir et la Vie de Valéry Giscard d’Estaing, que (soit dit en passant) j’ai dénichée au stand du ministère des affaires culturelles.

J’ai trouvé ces Mémoires fort intéressantes (j’estime en avoir pour mon argent) et je les recommande vivement à tous les lecteurs et lectrices de Webdo (que je salue fraternellement au passage).

J’y ai découvert, entre autres, que Monsieur Valéry Giscard d’Estaing était contre l’indépendance de l’Algérie, au point d’en avoir refusé de participer aux négociations de paix entre Le gouvernement de la République française et le gouvernement provisoire de la République algérienne.

En visite à Alger en 1975, il avait remarqué que « les rues grouillaient d’Arabes » (sic), et regrettait qu’il n’y ait plus d’Européens… A mon sens, M. Valéry Giscard d’Estaing préférait l’Afrique centrale à l’Afrique du Nord. C’est normal, il y avait plus d’intérêts économiques…

Au cours de ses autres voyages, l’ex-Président français a reçu maints cadeaux symboliques : un chien à Londres, le portrait de George Washington aux USA, une Mercedes en miniature en RFA et un sabre de tsar en URSS. Mais c’était une toute autre paire de manche quand il a posé pied en Arabie ! Fidèles à leur réputation, les émirs du Golfe l’ont couvert d’or en lui offrant des objets de grande valeur, dont une rivière de diamants.

Et si on totalisait toutes les richesses offertes, depuis des lustres, aux dirigeants occidentaux qui ont visité le Golfe, alors que la plupart des pays arabes souffrent encore de tous les maux : sous-développement, pauvreté, chômage, famine, épidémies, etc ?

Il est affligeant de voir cet étrange manège continuer de plus belle ! Lors de son premier déplacement à Riadh (en mai 2017), Donald Trump n’a-t-il pas pompé plus de 380 milliards dollars du royaume saoudien en faisant signer au roi Salmane (qu’il a humilié, en prime !) un contrat d’armement de longue durée ?

Force nous est de constater – en paraphrasant Voltaire – que c’est la faiblesse (voire même l’obséquiosité) des Arabes qui fait la force des Occidentaux. Paul Valéry avait bien raison de dire que « le lion est fait de mouton digéré » !

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