La dette publique de la Tunisie a triplé depuis 2011 !

  • De 23 MdDT, elle est passée à 77 MdDT
D’après le rapport de la Cour des comptes, la dette publique de la Tunisie est passée de 23,779 milliards de dinars (MdDT) en 2011 à près de 77 MdDT en 2018, soit plus que le triple de son volume d’avant-révolution.

Mais au fait, c’est quoi la dette publique ? Dans le domaine des finances publiques, la dette publique est l’ensemble des engagements financiers, sous formes d’emprunts, pris par un Etat, collectivités publiques et les organismes qui en dépendent, à l’instar des entreprises publiques par exemple. Pour dire simple, c’est tout l’argent qu’un Etat emprunte aux fins de financer son économie.

Cet argent peut provenir, par ailleurs, de l’intérieur comme de l’extérieur, c’est pourquoi on doit distinguer la dette publique intérieure de la dette publique extérieure. La dette intérieure est celle qui est détenue par des agents économiques résidents de l’Etat émetteur, la dette extérieure est détenue par des prêteurs étrangers.

Quid de l’endettement extérieur ?

Mais au-delà du montant de la dette publique, lequel varie, par ailleurs, d’une source à une autre (on parle de 82 MdDT et non pas de 77 MdDT), ce qui paraît inquiétant, c’est la progression effrénée de cette dette ces dernières années.

Il faut savoir que bon an mal an, la dette publique de la Tunisie progresse de 20% en moyenne. Et tant que la croissance n’est pas en mesure de soutenir cette dette dans des proportions acceptables, notre pays risque, un jour ou l’autre, la banqueroute.

Sachant que cette dette publique provient à 70% de l’extérieur, c’est-à-dire des institutions de financement internationales (FMI, BM, BAD) et des différents bailleurs de fonds qui prêtent à la Tunisie à des conditions excessivement défavorables.

Pourquoi l’endettement extérieur est plus difficile à gérer ou à soutenir que l’endettement intérieur ? Tout simplement parce que la dette extérieure est libellée en devises étrangères. Autrement dit, plus la dépréciation du dinar tunisien est grande, moins soutenable sera le service de la dette (principal + intérêt). A cela, il faut ajouter l’étroitesse des ressources propres de l’Etat (recettes budgétaires) qui restent en-deçà des espérances. Tout cela pour dire qu’on n’est pas sorti de l’auberge.

Deuxième poste dépensier de l’Etat !

Sur le plan comptable, le service de la dette accapare, dans le Budget de l’Etat 2019, 22% des dépenses publiques, soit le deuxième poste dépensier de l’Etat après celui des salaires de la fonction publique (40% du Budget).

Cela dit, autant le service de la dette est grand, autant les affectations du Budget aux titres des investissements seront réduites. Ces investissements touchent aussi bien les projets de développement, que les infrastructures routières ou la création de postes d’emploi.

Pour l’heure, la position est peu enviable, voire pas enviable du tout. La Tunisie est, en effet, prise entre le marteau de la dette extérieure et l’enclume de la dette intérieure. Ça fera immanquablement des étincelles. La suite, vous l’imaginez…

Chahir CHAKROUN
Tunis-Hebdo du 04/02/2019

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