« Mission accomplie ! »

« Mission accomplie ! »

Par - Tunis-Hebdo
Bourguiba et Allala Laouiti en promenade…

J’ai un beau-frère (M.M.), motard dans la police. Homme de confiance, il accompagnait partout le président Bourguiba aux lendemains de l’indépendance, y compris dans ses déplacements réguliers à Monastir. C’est lui qui m’a rapporté, plus d’une fois, les faits suivants qu’il a vécus :

Le «raïs» faisait sa marche quotidienne sur la plage de Skanes aux alentours de son nouveau palais et cela en compagnie de son secrétaire particulier Allala Laouiti.

Tout d’un coup, ce dernier vit une connaissance se pointer à l’horizon. Il se détacha de «Si Lahbib» et alla à sa rencontre. Après une brève discussion, Laouiti retourne trouver son patron pour lui transmettre un message : «Mission accomplie !», vous dit-il.

Bourguiba lui ordonna, alors, d’aller dans sa chambre à coucher, d’ouvrir le tiroir d’en haut de sa table de nuit, d’en tirer une enveloppe contenant de l’argent et de la lui remettre illico presto. Ce que «Si Allala» fit sur le champ…

Naturellement, on est à même de se demander de quoi pouvait-il s’agir ? Etait-ce une mission spéciale d’un genre futile ou quelque chose de plus dramatique ? Pour un président qui dispose d’un contingent sécuritaire de premier plan dont des policiers, des gardes nationaux et des membres de la police secrète, recourir aux services d’un civil dans cette affaire paraît fort suspect…

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Par ailleurs, alors qu’il se promenait, un jour, comme à son habitude sur la plage de Skanes, «le Combattant suprême» rencontra, une fois, un individu marchant avec un grand transistor à la main. C’était à la mode en ces temps là de se balader avec une radio portative.

À cette même époque, la RTT diffusait les discours du «raïs» en direct, mais aussi, en différé tout juste après les nouvelles de 14h00, un vrai rituel. L’air de rien, le bonhomme continuait de marcher sans prêter une attention particulière aux paroles du leader alors que sa radio émettait à fond le discours du «zaïm».

Furieux, Bourguiba stoppa, immédiatement, ce marcheur indifférent et le sermonna vivement : «Tu ne peux pas t’asseoir quelque part pour m’écouter attentivement et comprendre mes paroles ?» Ceci a été lancé sous la menace de sa légendaire canne dont il ne se séparait jamais et avec laquelle il lui est arrivé de bastonner plus d’une fois sa nièce, Saïda Sassi, qui a remplacé sournoisement, auprès de lui, son épouse Wassila Ben Ammar, son grand amour, mais qu’il a répudiée…

M’hamed BEN YOUSSEF
Tunis-Hebdo du 17/12/2018

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