Trois questions à Slim Riahi, un homme traqué qui fuit en avant

Trois questions à Slim Riahi, un homme traqué qui fuit en avant

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Le fieffé Slim Riahi continue à faire parler de lui et se lance maintenant dans une pantalonnade politico-sécuritaire qui pourrait lui coûter cher.

Surgi de nulle part avec, selon la légende qu’il s’est tissée lui-même, des valises pleines d’argent, Riahi s’est lancé en politique à coup de dépenses pharaoniques.

Après avoir fondé un parti, il s’est emparé du Club Africain à coups de promesses mensongères et de manœuvres dilatoires.

Depuis, il a cru en sa bonne étoile, affirmé être à l’origine du consensus, remporté pour son parti quelques maroquins et des mandats de députés.

Ensuite, il a tourné casaque en fonction des configurations politiques du moment et enfoncé le Club Africain qu’il avait géré comme sa propriété privée, dans une crise inextricable.

Aujourd’hui, aux abois, il lance une très probable nouvelle intox et s’adresse pour cela à la justice militaire.

A quoi joue ce faux-nabab comme d’autres sont de faux-dévots ? Se rend-il compte qu’il interpelle les institutions du pays en propageant des affirmations tendancieuses ? Jusqu’où compte-t-il aller dans le scabreux et qui cherche-t-il à entraîner dans sa chute annoncée ?
En attendant des réponses à ces trois questions, trois autres questions se posent avec insistance.

1. Où sont passées les révélations que Riahi devait faire à l’opinion en ce qui concerne de supposées malversations au Club Africain ? Ce ballon d’essai s’est vite dégonflé et Riahi, tout en battant en retraite cherche désormais à noyer le poisson dans une nouvelle fuite en avant.

Car, quoiqu’en dise celui qui est soupçonné d’avoir été un président véreux et sans lucidité, c’est bien lui qui a recruté joueurs et entraîneurs puis les a écartés sans les avoir payé ni honoré son contrat à leur égard.

C’est lui qui doit des sommes faramineuses au Club Africain sans compter les terribles dommages moraux qu’il fait subir à cette association qu’il avait prise en otage et dont il s’est évertué à compliquer la situation financière pour en rester le seul maître.

Rattrapé par ses méfaits, Slim Riahi doit rendre des comptes au Club Africain avant de s’attaquer à qui que ce soit. De plus, au cas où il ne s’en rendrait pas compte, ses manigances au Club Africain sont d’ores et déjà le tombeau de sa crédibilité.

2. Comment Slim Riahi compte-t-il s-y prendre pour couler Nidaa Tounes. Ce freluquet sans morale, incapable de gérer une association sportive, pourra-t-il tenir un parti politique ou compte-t-il jouer la même partition du chéquier pour rester à la tête de ce parti en déroute totale.

Dans sa myopie politique, Riahi ne se rend même pas compte que Nidaa Tounes est une page tournée et que la seule raison d’être de ce front électoral était de remporter les scrutins de 2014. On se demande dès lors quel pourra être le destin de Riahi dans cette galère où il vient d’échouer tout en tentant d’y dissoudre son parti et soutirer de l’attention de la justice les potentielles malversations qui ont pu s’y produire.

Comme ses méfaits supposés au Club Africain, cette stratégie cousue de fil blanc est en passe de se retourner contre lui. Désormais traqué mais continuant à fuir en avant, Riahi fait maintenant dans la démesure.

3. En effet, que compte-t-il engranger en portant de graves accusations – qui ont tout d’un discours délirant – contre le Chef du gouvernement ? En fait, Riahi est désormais un homme seul et le coup de théâtre inattendu serait que la cour qu’il vient de saisir se retourne contre lui en cas d’inconsistance du dossier et légèreté discutable de la démarche.

Que va soutenir Riahi devant la cour militaire ? S’est-il fourvoyé dans un guêpier en croyant qu’il pourrait se comporter avec un tribunal comme il l’a fait au Club Africain et à Nidaa Tounes ?

Les jours de Riahi dans le monde politique sont aujourd’hui comptés. Car d’une part, le dernier carré des nidaistes observe avec amertume ses dernières manigances alors que les millions de supporteurs du Club Africain ne lâcheront ses trousses que lorsque les comptes seront soldés ou sa responsabilité pénale et civile clairement délimitée dans la crise financière du club.

Car, ce que redoute le plus Riahi aujourd’hui, c’est qu’un collectif se porte partie civile contre lui dans ce qu’il convient de qualifier d’affaire du Club Africain ou bien que l’association trouve et enclenche les recours juridiques pour le traîner devant les tribunaux.

En tout état de cause, Riahi restera dans la petite histoire de la révolution de 2011 comme l’aventurier suprême, le quasi-menteur pathologique et l’escroc en puissance qui a pu flirter avec les sommets de l’Etat dans une Tunisie frappée de stupeur devant l’ascension de cet homme aux valises dorées.

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