Club Africain : Au lieu de jouer au plus fin, Slim Riahi...

Club Africain : Au lieu de jouer au plus fin, Slim Riahi devrait rendre des comptes

Par -

Depuis d’un an, Slim Riahi joue la montre, tergiverse et fanfaronne. Toutefois, il faudra bien qu’il rende des comptes au Club Africain et à ses supporteurs pour sa gestion calamiteuse et marquée par une folie des grandeurs qui est le marqueur de ce personnage trouble.

Entré en politique par une porte dérobée, Riahi a commencé par se distinguer en achetant de la publicité à pleines pages dans la presse quotidienne. Riche à n’en plus pouvoir, l’homme a commencé à arroser autour de lui et pu ainsi se frayer un chemin vers la notoriété à force de dépenses somptuaires.

Jouant avec des milliards dont la traçabilité pose toujours question, Riahi s’est présenté aux Tunisiens comme un homme d’affaires désireux de se mettre au service de la transition démocratique puis s’est imposé au Club Africain sous le profil de l’homme providentiel.

Arrivé à la tête du club après un concours de circonstances, Riahi a commencé à dépenser sans compter tout en agissant à tort et à travers en obéissant à ses impulsions et son cercle de conseillers pas toujours innocents.

Par ailleurs, il a annoncé plusieurs projets comme celui d’un nouveau complexe sportif mais ce n’était que du vent et des paroles en l’air. Adoptant la fuite en avant comme stratégie, Riahi a multiplié les recrutements douteux et onéreux. Plusieurs joueurs qu’il a recruté n’ont finalement pas porté la casaque clubiste et ont été les héros dérisoires d’opérations sportives blanches qui, néanmoins, continuent à peser gravement sur les grands équilibres du Club Africain ?

A chaque crise, Riahi continuait sa fuite en avant, promettait la lune et ne tenait jamais. Embauchant des entraîneurs étrangers, il les limogeait dans la foulée dans des conditions surréalistes. Tout le monde se souvient de l’incroyable renvoi de Koster alors que l’équipe était en tête du championnat et commençait à adopter un style de jeu limpide.

A chaque crise, tentant de se rendre indispensable, Riahi contractait de nouvelles dettes et enfonçait davantage le club avec des transactions opaques. Cette opacité que Riahi pratiquait comme le fait du prince était tout le contraire d’une gestion démocratique et transparente. Elle avait pour but de créer une dépendance totale de l’association sportive et exclure de facto toute alternative qui ne passe pas par sa personne.

Se cachant et jouant à la souris à chaque fois qu’il était acculé, Riahi a usé de tous les subterfuges et manigances pour devenir une sorte de président à vie, un président indispensable au club car il l’avait enferré dans un dédale financier dont, au nom du pouvoir personnel qu’il pratiquait, il était le seul à avoir les clés.

Pris en flagrant délit de cavalerie financière, rappelé à l’ordre à plusieurs reprises, il fanfaronnait jugeant qu’il était indéboulonnable puisqu’il avait sans vergogne compromis le club, qu’il en avait fait sa chose, son jouet et l’objet de tous ses délires mégalomanes.

Riahi sera finalement rattrapé par les Clubistes qui le bouteront dehors après une assemblée générale à laquelle il n’a daigné ni assister ni présenter des comptes. Il sera ensuite question de le poursuivre en justice et cela pourrait se faire dans un avenir proche.

Toutefois, lors du mandat du président Marouane Hamoudia, Riahi ne sera pas inquiété malgré des audits indépendants qui engageaient sa responsabilité. Il est probable que des négociations et des promesses (non tenues) ont permis à Riahi d’éviter d’être traîné devant les juges.

Aujourd’hui, continuant son jeu, Riahi lance de nouveaux ballons d’essai qui sont du plus haut ridicule. Il se comporte en homme fini, un peu à la manière d’un fugitif qui sait que l’heure des comptes est proche.

Malgré ses menaces à l’emporte-pièce, Riahi ne pourra pas continuer à flouer les Clubistes. Il ne peut pas éluder sa responsabilité de président et les dérives dans lesquelles sa gestion mégalomane a entraîné l’association.

C’est bien lui le président sortant. C’est bien lui qui a effectué toutes sortes de transactions vides de sens. C’est bien lui qui prétendait régner sans partage. C’est bien lui qui n’a pas présenté de rapport financier. C’est bien lui qui a menti aux Clubistes à de nombreuses reprises. C’est bien lui qui, acculé, a multiplié les feintes et les procédés dilatoires.

Aujourd’hui, au lieu de menacer de déballer des choses qui n’intéressent personne, il ferait mieux de rendre des comptes au Club Africain. Dans la foulée, il ferait tout aussi bien d’affronter la réalité et sortir du monde fantasmatique das lequel il semble évoluer.

A mes yeux, il ne fait aucun doute que Riahi a trahi le Club Africain, sali un club de haute tradition avec ses agissements et ses fuites en avant, fauté gravement en termes moraux et fait passer des vessies pour des lanternes.

L’homme s’est avéré capable de tout et sans scrupules. Je le dis en toute conviction et sans ressentiment. Qu’il éponge les dettes en spirale dont il a été l’architecte, qu’il demande le pardon des Clubistes et qu’il s’en aille une fois pour toutes.

Cet aventurier au chéquier a pu s’emparer de notre club et tenté de nous en déposséder. Il nous menace aujourd’hui mais ce ne sont que tergiversations et illusions. Cet homme doit rendre des comptes au plus vite et, accessoirement, quitter le monde politique qu’il contribue comme beaucoup d’autres à déshonorer.

C’est un Clubiste qui parle et s’adresse à tous les Clubistes pour leur dire que tourner la page Riahi en passant s’il le faut par la case Justice reviendra aussi à faire de gros sacrifices dans un avenir proche pour sortir ensemble de l’engrenage voulu par ce dérisoire Machiavel.

Vive le Club Africain ! Et puisse le sport tunisien enfin s’engager dans une opération Mains propres, la seule de nature à éviter un naufrage collectif, le seul recours pour exclure les faussaires, usurpateurs et apprentis-sorciers de notre football.

Commentaires:

Lisez Aussi Sur Webdo

Tunis-Hebdo