Tunisie : Un pouvoir d’achat qui donne la chair de poule

Tunisie : Un pouvoir d’achat qui donne la chair de poule

Par - Tunis-Hebdo

C’est une dame qui, par un matin frisquet de ce début de novembre, conduisait ses mômes à la garderie scolaire. Elle s’est arrêtée devant un marchand de fruits secs pour leur acheter des gaufrettes.

Elle avait l’habitude de les acquérir auprès du même marchand. Elle lui tendit 700 millimes, le prix de l’unité étant habituellement de 350 millimes. Le bonhomme lui réclama encore cent millimes, lui précisant que le nouveau prix est 400.

La dame était estomaquée. Cinquante millimes d’un coup. On est à une augmentation de près de 15%. Qui a décidé une telle majoration ? Nul ne peut répondre.

Cet exemple illustre parfaitement le lot de surprises qui attend chacun de nous, lors de l’acquisition de l’un ou de l’autre produit. Dans les grandes surfaces, on entend les ménagères maugréer au moindre changement de prix, des lessives qui, du jour au lendemain, voient leurs tarifs alourdis de pas moins de cinq cents millimes, c’est de la folie et le tourbillon ne s’arrête pas là.

Selon l’UGTT, le pouvoir d’achat du citoyen a dégringolé de 40% par rapport à ce qu’il était fin 2010. Autrement dit le Tunisien dépense deux fois plus, alors que son salaire, toutes catégories et tous secteurs confondus, a connu des augmentations qui ne dépassent pas les 12% depuis bientôt une dizaine d’années.

Le citoyen lambda qui ne fait pas la corrélation entre les différentes augmentations trouve ces hausses insignifiantes. «50 millimes et alors, ce n’est pas la fin du monde ! ».

Ce n’est pas la fin du monde mais c’est l’apocalypse. Sachez que depuis cette damnée année 2011, les légumes ont augmenté entre 100 et 300%. La botte de persil, autrefois à 150 millimes, se vend jusqu’à 600 millimes.

Les pommes de terre ont carrément triplé de prix. Du côté des fruits n’en parlons pas, c’est du quadruple : les mandarines se négocient en pareille période à 4 dinars le kilo, alors que leur prix autrefois, même en primeur, ne dépassait pas les 1, 2 dinar.

On pourrait disserter pendant des heures sur les augmentations qui sont venues aggraver le calvaire des ménagères : des viandes rouges et blanches au poisson en passant par les conserves alimentaires.

La facture n’est pas uniquement salée, elle est amère, très amère et à cela s’ajoutent des factures qui font des bonds incroyables et carrément inexpliqués comme celle de la STEG qui, sachez-le, est de l’ordre de 20% pas de 13% comme annoncé par la compagnie, il suffit de faire le calcul.

Le problème, aujourd’hui, se situe au niveau des pouvoirs publics et les Tunisiens ne semblent pas avoir compris que l’Etat, dont l’autorité est, aujourd’hui, du domaine de l’illusion, a totalement largué ses citoyens, leur pouvoir d’achat et leurs tracas d’endettement.

L’Etat-providence c’est fini. On est bien loin des époques de Bourguiba et de Ben Ali qui, pour asseoir leur autocratie, se faisaient les défenseurs du couffin de la ménagère.

Maintenant, il faut tout simplement se rendre à l’évidence, les gouvernants actuels ne protègent personne, ils ne sont même pas capables de se protéger eux-mêmes !

I.B.H.
Tunis-Hebdo du 05/11/2018

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