Qui avait intérêt à liquider l’UNFT ?

A la veille du 13 août 2018, le statut personnel des Tunisiennes et des Tunisiens est plus que jamais à l’ordre du jour.

Alors que les manifestations de rue opposent deux lectures inconciliables des textes et des propositions de loi, l’issue semble incertaine.

Les mobilisations sont partisanes d’un côté, avec le déploiement logistique lourd qu’impose une marche comme celle des islamistes vers le Bardo. Elles sont associatives et spontanées de l’autre côté et résonnent plus comme un cri du cœur et de la raison qu’une démonstration de force.

Dans ce contexte militant, une organisation nationale manque cruellement. Vecteur de mobilisation des femmes tunisiennes, acteur de proximité pour le développement, l’Union nationale des femmes tunisiennes (UNFT) a, depuis l’indépendance, constitué un levier puissant pour l’émancipation féminine.

Depuis 2011, on s’est acharné sur cette organisation pour la mettre à genoux puis la vider de sa substance. Et pourtant, rénovée, engagée et toujours militante, l’UNFT a encore bien des missions à mener.

Aujourd’hui, on comprend mieux les motivations des islamistes et de leurs alliés dans leur obstination à détruire l’UNFT. Le recul de cette organisation leur laisse en effet le champ libre pour agir dans le sens d’une islamisation feutrée des Tunisiennes.

Toutefois, grâce à sa diversité et sa persévérance, l’UNFT est capable de rebondir voire rallier à sa cause les femmes aujourd’hui dispersées.

Un sursaut est en effet toujours possible !

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