Ça barde à Sidi Bouzid, Ben Guerdane, Kasserine… Calmer la situation ou trouver des solutions ?!

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Crédit photo : page Facebook Meknassy Révolutionnaire

Plusieurs villes du centre et du sud de la Tunisie vivent depuis deux jours des mouvements de protestations et des nuits agitées.

Des actes de violences ont été observés durant les dernières nuit à Ben Guerdane, Meknassi et Sbeïtla, régions où les jeunes revendiquent encore et toujours l’emploi et le développement régional six ans après la révolution.

Ben Guerdane et l’éternelle affaire de Ras Jedir

La ville de Ben Guerdane a connu mercredi 11 janvier, une journée agitée avec des protestations qui ont abouti à des affrontements entres manifestants et forces de l’ordre et un blocage de plusieurs routes à l’aide de pneus brûlés.

Les protestataires ont appelé le gouvernement à trouver une solution pour le poste frontalier de Ras Jedir qui connait des agitations depuis des mois, avec des fermetures et des ouvertures répétitives, d’où un blocage quasi-permanent des échanges commerciaux.

Une grève générale a été décidée par l’Union régionale du Travail. Le ministre des Relations avec les Instances constitutionnelles, la Société civile et les Droits de l’Homme, Mehdi Ben Gharbia et le ministre de la Fonction publique et de la Gouvernance, Abid Briki se sont déplacés à Ben Guerdane pour essayer de calmer la situation et de trouver une solution rapide.

En dépit de ce déplacement, des manifestants ont bloqué la Route Nationale N°1 au niveau de la zone Hassi Ferid en brûlant des pneus sur la route, la soirée du jeudi 12 janvier.

Meknassi : Sidi Bouzid revendique encore l’emploi

La délégation Meknassi de Sidi Bouzid est entrée dans une grève générale hier, en réponse à l’appel de l’UGTT. Le droit au développement et à l’emploi sont les revendications principales des protestataires.

La délégation de Meknassi avait annoncé, depuis le 30 décembre dernier, une désobéissance civile à l’appel de l’Union locale du travail. Les activités des différents établissements publics sont entravées jusqu’à la résolution du problème des ouvriers de chantiers et des candidats admis au concours de recrutement à la mine des phosphates de Meknassi en plus de la régularisation de la situation de certains jeunes diplômés de l’enseignement supérieur en chômage depuis une dizaine d’année, indique la TAP.

Il faut savoir que cette grève vient après une nuit très agitée à Meknassi, hier soir, marquée par des confrontations violentes entre manifestants et forces de l’ordre.

La grève générale a été accompagnée d’une marche citoyenne jusqu’au siège du gouvernorat de Sidi Bouzid.

Dans la soirée du jeudi 13 janvier 2013, des jeunes de la région ont bloqué plusieurs rues et avenues de la villes à l’aide de pneus brûlés et des pierres.

Pour les disperser, les forces de l’ordre ont eu recours au gaz lacrymogène ce qui a nécessité le transport de certains manifestants à l’hôpital régional. La ville a retrouvé son calme ce matin.

Sbeïtla s’oppose à son délégué régional

la délégation de Sbeïtla, dans le gouvernorat de Kasserine, connait depuis hier, mercredi 11 janvier 2017, des protestations organisées par des chômeurs qui revendiquent l’emploi et le développement de la région.

Les protestataires qui se sont introduits de force dans le siège de la délégation, revendiquent également le limogeage du délégué régional.

Youssef Chahed réagit

Le chef du gouvernement Youssef Chahed a indiqué hier que son gouvernement suit de près la situation à Ben Guerdane soulignant que les mouvements de protestation sont légitimes.

Chahed a fait savoir, sur les ondes de Mosaique fm, que les revendications pour l’emploi et le développement dans la région sont « compréhensibles », mais qu’il y a toutefois des revendications inacceptables.

Le chef du gouvernement a également fait savoir qu’une délégation de ministres se rendra ce vendredi, à Ben Guerdane, pour suivre de près la situation portant sur l’emploi. Quant à l’affaire de blocage des échanges commerciaux à cause du passage frontalier de Ras Jedir, Chahed a indiqué que le ministère des Affaires étrangères est chargé de traiter le problème, puisqu’il est du côté libyen.

Espérons juste que la délégation des ministres trouvera vraiment des solutions et que les protestations qui se répètent presque tous les ans dans les régions où la révolution a commencé puissent être contrôlées, non via des promesses mais à travers des décisions qui changeront radicalement et efficacement la situation.

IB

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