Ces Chrétiens « cachés » de Tunisie

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« Ils sont forcés de se cacher et si leur identité est dévoilée, ils sont battus, éloignés et persécutés. Ce sont des jeunes tunisiens qui, au cours des cinq ans qui ont suivi la révolution du «printemps arabe», se convertissent de l’Islam au christianisme. »

C’est à travers ces mots que la journaliste américaine Priscilla Hwang a commencé sa longue investigation sur la situation des Chrétiens de Tunisie qui, selon elle, vivent maintenant dans une société peu démocratique ou tolérante.

Ils ont choisi une vie qui dévie de la norme. Certains ont opté pour une vie de cachette ; d’autres ont choisi de s’exposer à la société. Beaucoup de ces jeunes ne savent même pas si d’autres comme eux existent.

Même dans la Tunisie « moderne », ce n’est pas facile d’être un Chrétien

Selon Hwang, et en dépit de l’atmosphère tolérante en Tunisie, beaucoup de gens dans la société tunisienne jugent encore les autres sur la base de la religion et de l’Islam et ressentent le besoin de protéger et de défendre l’Islam comme religion principale en Tunisie.

« Avec seulement une poignée de chrétiens tunisiens exposant leur identité, les 99% n’ont pas encore compris et entendu leurs histoires. Bien que le gouvernement et la société tunisienne soient pointés du doigt quant à cette « carence » dans leur démocratie via à vis des minorités religieuses, le fardeau de la responsabilité pèse aussi sur les épaules des 0.2% de Chrétiens tunisiens. Ils sont confrontés à deux décisions : rester cachés et être ignorés, ou sortir du noir et être entendus. Ces deux choix induiront des réactions, certaines plus dures que d’autres », a indique Marwan, un jeune chrétien tunisien âgé de 27 ans.

Selon lui, la société ne changera jamais à moins que les Chrétiens ne prennent leurs droits en main. « Nous devons le prendre. Nous devons demander. Nous devons frapper les portes. Nous devons y aller. Nous devons trouver une autre solution. Et si vous ne voulez pas être persécuté éventuellement, vous avez besoin de vivre aujourd’hui dans cette société en tant que chrétien, comme la lumière dans l’obscurité. Comme sel de la terre », a-t-il ajouté.

En plus de Marwan, cinq autres jeunes tunisiens ont partagé leurs histoires, leur calvaire quotidien et les difficultés auxquels ils font face à cause de leur religion.

« La Tunisie est un État libre, indépendant et souverain; Sa religion est l’Islam, sa langue est l’arabe, et son régime la République. Cet article ne peut être modifié. « 

« Avoir la religion de l’Etat mentionné dans la constitution ignore les droits des minorités.

Lorsqu’une religion est déclarée « officielle », les droits des minorités religieuses sont compromises. Le flou constitutionnel pourrait faire croître le fanatisme islamique. Bien que la Tunisie ait des lois comparativement progressistes sur le papier, sans une clarification appropriée de la constitution par le gouvernement, il y a un risque d’interprétation néfaste d’articles tels que l’article 1 de la Constitution tunisienne qui stipule que la religion officielle de la Tunisie est l’Islam », peut-on lire.

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