H. Bounenni (Nidaa Tounes) : « Le dialogue peine à s’installer entre les différentes composantes de notre parti »

P8 Interview HoussemTunis Hebdo | Houssem Bounenni, député de Nidaa Tounès au sein de l’ARP, revient, entre autres, sur la feuille de route qui vise à sauver le parti et la pétition de retrait de confiance à Sofien Toubel.

Des cadres de Nidaa Tounès se réuniront, aujourd’hui lundi, pour examiner une feuille de route élaborée jeudi dernier en vue de sauver le parti. Pensez-vous que cette nouvelle feuille de route puisse réussir, après l’échec de la première proposée par la commission des 13 en décembre 2015 ?

A vrai dire, je n’ai pas lu en détail les 18 points cités dans la nouvelle feuille de route. Mais tout ce que je peux dire, c’est que la réussite de cette feuille de route dépendra de son contenu et de l’engagement de chacun à sauver le parti.

Plusieurs dirigeants et ex-dirigeants de Nidaa Tounès estiment que le principal responsable des problèmes actuels du parti est Hafedh Caïd Essebsi. Partagez-vous cet avis ?

Pas du tout. On assume tous une part de responsabilité dans ce qui se passe actuellement. Mais aller jusqu’à faire porter le chapeau a une seule personne, ce n’est pas logique.
Le principal problème du parti est l’absence de structuration.

Après notre victoire électorale en 2014 lors des législatives et de la présidentielle, nous avons échoué –il faut le reconnaître– à convertir notre parti d’une machine électorale à une institution bien structurée où les responsabilités de chacun seraient clairement définies.

Il y a aussi, malheureusement, une tension entre les différentes parties du Nidaa, à savoir entre le comité politique, les coordinateurs régionaux et locaux et le bloc parlementaire. Au lieu d’être soudés et d’être complémentaires, ces trois partis se comportent comme des rivaux. Le dialogue peine à s’installer entre eux. Et cela ne doit pas perdurer.

Certains, par exemple, nous boudent –nous, les députés– et veulent nous écarter du cercle décisionnel du parti car ils considèrent que nous avons déjà eu «notre part du gâteau» en accédant au Parlement !

En devenant la deuxième force politique au sein de l’ARP, Nidaa Tounès risque de perdre la présidence du Parlement au profit d’Ennahdha, lors de la nouvelle session parlementaire. Qu’en pensez-vous ?

La question du changement du président de l’ARP n’est pas à l’ordre du jour. Par contre, il y aura, comme chaque année, des changements au niveau de la présidence des commissions parlementaires, et ce, suite aux transformations qui ont eu lieu au sein des blocs.

Des députés de Nidaa Tounès ont signé, la semaine dernière, une pétition pour retirer la confiance au président de leur bloc parlementaire, Sofien Toubel. Que lui reprochent-ils ?

Au départ, cette pétition ne visait pas la personne de Sofien Toubel. C’était une pétition pour manifester une certaine insatisfaction vis-à-vis de la gestion du bureau du bloc parlementaire en général. La pétition a évoqué aussi la question de rotation au niveau de la présidence des commissions et de la présidence du bloc.

Personnellement, j’ai signé cette pétition et j’étais catégorique sur le fait que cela ne visait personne. Ce qui m’importe, par contre, c’est la perpétuelle amélioration au niveau de la gestion du bloc.

Malheureusement, certains ont fait circuler la rumeur que la pétition voulait la peau de Sofien Toubel, ce qui n’est pas vrai. De ce fait, on se trouve aujourd’hui en quelque sorte divisés entre des députés qui veulent maintenir Sofien Toubel à la tête du groupe et d’autres qui exigent son départ.

Ne voyez-vous pas qu’il est déplacé de parler du remplacement de Sofien Toubel, vu la très courte période qu’il a passée à la tête de votre bloc parlementaire, soit depuis mai dernier ?

Ceci est l’une des questions qu’il faut débattre au sein du bloc. En effet, doit-on changer le président du bloc comme on le fait à chaque début d’année parlementaire ou doit-on laisser Sofien Toubel continuer vu qu’il n’a assumé la présidence du bloc qu’à la fin de l’année parlementaire précédente ?

Il faut nous réunir et laisser chacun exposer son point de vue à ce sujet. Et à la fin, on doit tous se ranger de l’avis de la majorité. Il ne faut pas qu’un petit groupe décide pour les autres.

A noter dans ce cadre que j’étais contre le principe de retirer la confiance à Sofien Toubel pendant son absence, alors il effectuait le pèlerinage.

Etes-vous optimiste concernant l’avenir du parti ?

Bien évidement. La preuve, je suis encore à Nidaa Tounès.

Propos recueillis par Slim MESTIRI

Commentaires: