Tunisie : Une affaire de famille !

youssef chahedLe Président de la République aurait fait son choix et vient de formuler sa proposition sur le nom de la personnalité qui serait chargée de la formation du prochain Chef du gouvernement. Le Chef de l’Etat a donc soumis le nom de Youssef Chahed aux différents partenaires signataires du fameux Pacte de Carthage afin de donner leur avis sur ce choix.

Cette démarche, qui ne respecte pas littéralement le texte de la constitution puisque celle-ci n’oblige pas le Président de la République à solliciter l’aval d’autres institutions ou d’autres parties, s’intègrerait, a priori, dans cette fameuse « idéologie » du compromis et du consensus, fondements de l’approche présidentielle, et partagée par son principal allié, le leader d’Ennahdha Rached Ghannouchi.

Autrement dit, Béji Caid Essebsi n’a pas usé de son pouvoir discrétionnaire pour la désignation de Youssef Chahed et a donné la priorité à une éventuelle large entente.
Disons d’abord que le nom de Youssef Chahed circulait, avec d’autres, pour occuper ce poste tant prisé de chef du gouvernement. Les candidats sont nombreux à vouloir s’emparer de cette fonction pour assouvir une ambition, pour certains d’entre eux, illimitée.

Que peut signifier cette proposition et est-elle celle que le Chef de l’Etat voudrait voir aboutir ? Si l’on connait l’expérience politique et la capacité de manœuvrer de BCE, l’on peut élaborer deux types d’interprétations.

La première interprétation est que cette proposition pourrait être comprise comme un ballon d’essai destiné à mesurer la réaction des autres partenaires du Pacte de Carthage. Elle a des chances d’être avalisée, cette perspective pouvant être acceptable en soi, et elle ne déplairait pas en somme au Chef de l’Etat. Au contraire !

Elle peut aussi soulever un véritable tollé dans la mesure où cette désignation ferait l’objet « d’un feu nourri » de la part de ses détracteurs et cacherait, en réalité, un autre candidat, celui qui est réellement souhaité par le Président de la République. Les critiques seraient, par la suite, moins « féroces » que celles qui fusent déjà contre le nom Youssef Chahed.

En fait, la proposition du nom de Youssef Chahed peut donc constituer une provocation de la part de BCE au moment où une campagne, « ched weldek » (Retiens ton fils) est menée contre Hafedh Caid Essebsi afin qu’il s’écarte de Nidaa Tounès et de la scène politique. Car Youssef Chahed n’est aussi et rien d’autre qu’un proche, le cousin du gendre de BCE.

Comme elle peut être une conviction de BCE qui ferait de son « régime », une « république monarchique » où il considérerait que sa propre progéniture et ses proches seraient les plus aptes à occuper les plus hautes fonctions politiques de l’Etat, et celles-ci deviendraient, en quelque sorte, une affaire de famille.

Une pratique que l’on croyait avoir à jamais enterrée, mais qui ne l’a finalement jamais été. Ne l’a-t-on pas constaté aussi sous le règne de la Troïka avec les fils, les filles, les frères, les épouses etc ?

Bref, on n’est pas vraiment sorti de l’auberge, et chaque jour apporte son lot de médiocrité qui n’augure rien de bon pour un pays que l’on semble vouloir voir et faire couler…

L.L.

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