La famille de la presse tunisienne en deuil : Mohamed Néjib Azouz...

La famille de la presse tunisienne en deuil : Mohamed Néjib Azouz n’est plus

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Nejib AzouzDepuis le milieu des années soixante-dix, alors qu’il venait de créer le journal « Les Annonces », tous les journalistes tunisiens connaissent la silhouette de géant de Mohamed Néjib Azouz , sa voix de stentor et son sourire légendaire.

Un fondateur de la presse populaire de langue arabe

Après une longue maladie, celui qui avait fondé le premier grand journal populaire privé en langue arabe vient de s’éteindre. Conçu comme un journal people, un peu à l’image des tabloids britanniques, « Les Annonces » avait en effet créé une véritable formule avec ses posters gratuits, ses jeux de bingo, ses nombreux concours et ses rubriques pratiques.

Le patron de presse qui a révélé les Karmaoui, Bouguezzi et Amari

A son summum, au cours des années 90, ce journal hebdomadaire avait atteint des tirages flirtant avec les 250.000 copies par semaine. Paraissant en version bilingue, « Les Annonces » s’est ensuite dirigeé vers une formule bi-hebdomadaire avant de revenir à une version hebdomadaire, seulement en langue arabe.

Ce journal est l’une des matrices de la presse populaire en Tunisie et a contribute à révéler beaucoup de plumes à l’instar de Jamel Karmaoui, Ridha Bouguezzi ou Lotfi Amari.

Avec un esprit innovant, Mohamed Néjib Azouz avait aussi bien lancé des romans-photos avec Lamine Nahdi dans les années 70 ou encore des pages magazine qui ont modelé le goût du lectorat populaire.

La Une qui allait inspirer les tabloids tunisiens

Les nombreux scoops et les pages sportives contribueront aussi à asseoir la présence de cet hebdomadaire dont la Une allait inspirer par son dynamisme bien des publications.

Self made man, d’une famille de la bourgeoisie de la capitale ayant ses racines dans le Djérid et la région de Sbeitla, Mohamed Néjib Azouz était un homme de devoir qui, malgré une maladie handicapante, continuera à diriger son journal jusqu’à une date récente.

L’aventure continue avec « Al I’lan al jadid »

Décédé samedi 7 mai et enterré hier, Mohamed Néjib Azouz aura marqué l’histoire de la presse populaire tunisienne. Après l’arrêt de la parution du journal qu’il avait fondé, son parcours de patron de presse inspirera son petit-fils Kays Azouz qui, depuis presque deux ans fait paraitre « Al I’lan al jadid » (Les Nouvelles Annonces), menant cette aventure éditoriale dans le sillage d’un homme que nous pleurons aujourd’hui et qui a tant donné à la grande famille de la presse tunisienne.

Toutes nos condoléances à la famille du défunt et à nos collègues qui, depuis une quarantaine d’années, ont donné aux « Annonces » toute la saveur d’un journal people tunisien.

H.B.

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