France – Plusieurs incidents suite à la victoire de l’Algérie, récupération politique en marche

La qualification de l’Algérie pour le second tour de la Coupe du monde 2014 a été suivie de plusieurs manifestations de joies en France. Toutefois, des supporters ont tenté de gâcher cette fête ont provoquant plusieurs dégâts et affrontements avec les forces de l’ordre. Ainsi, 74 interpellations ont eu lieu, hier, en France suite à des violences.

A Paris, au niveau de l’avenue des Champs Elysées, la police a procédé au lancement de gaz lacrymogène pour disperser certains supporters très agités qui leur avaient jeté des projectiles.

Lyon - incidents
Lyon a connu plusieurs incidents (Crédit photo : AFP / Jean-Philippe Ksiazek).

A Marseille, après le départ de la majorité des fêtards, des supporters ont caillassés deux motards de la police. A Lyon, également, des supporters ont lancé des projectiles sur les forces de l’ordre qui ont riposté en faisant usage du gaz lacrymogène. 25 véhicules ont été, par ailleurs, incendiés. Dans le département du nord de la France, 16 véhicules ont été incendiés. De plus, à Lille, et à Roubaix, 22 personnes ont été interpellées pour des vols avec effraction et vandalisme.

« Je condamne avec la plus grande fermeté ces actes qui sont des actes de casseurs isolés, qui profitent de manifestations sportives pour gâcher des moments qui peuvent être festifs », a déclaré le ministre français de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve. Mais au-delà de cette condamnation officielle classique des autorités françaises, d’autres essaient de commenter sociologiquement ces incidents avec, parfois, un discours très inquiétant.

Discours identitaires

« Qui va les arrêter ?, s’est, ainsi, interrogé Pascal Barthélémy, responsable Rhône-Alpes du syndicat majoritaire de policiers Alliance police nationale. « D’autres équipes ont gagné, ils n’ont pas tout cassé. Il faut regarder le problème en face en France et se poser la question de savoir pourquoi ces gens-là cassent », a-t-il soutenu, dans une déclaration accordée à lyoncapitale.fr.

Éditorialiste au Figaro, Ivan Rioufol a estimé, pour sa part, que ces incidents marquent l’échec de la politique d’assimilation. « Si l’assimilation fonctionnait, ces jeunes seraient descendus dans les rues pour fêter la victoire de la France! », a-t-il affirmé.

« Toute une jeune génération se comporte comme si elle voulait prendre sa revanche sur la France colonisatrice, a-t-il poursuivi. Leurs parents ayant refusé l’Algérie française, ils veulent la France algérienne. Leurs drapeaux brandis dans les rues expriment un refus du vivre-ensemble, voire une volonté de contre-colonisation. La question qu’il faut se poser est: la France doit-elle accepter de se faire ainsi cocufier ? »

Le 22 juin dernier, suite à aux débordements qui avaient suivi la victoire de l’Algérie sur la Corée du Sud, le Front National (extrême droite), a immédiatement procédé à une opération de récupération, à travers sa député Marion Maréchal-Le Pen. Sur son compte Twitter, la petite-fille de Jean-Marie Le Pen avait soutenu que «les incidents autour de la victoire de l’Algérie sont une défaite pour la politique d’intégration menée par l’UMPS (acronyme péjoratif pour désigner l’UMP et le PS, les deux principaux partis français, ndlr)».

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