Viol de «Meriem» : Le parquet général fait appel et réclame la peine maximale

Coupable d'avoir été violée (photo - michel-lafon.fr)Le ministère public a interjeté appel contre la condamnation à sept ans de prison prononcée à l’encontre des deux policiers violeurs de «Meriem Ben Mohamed», a annoncé, Sofiène Sliti, porte-parole du ministère public, sur les ondes de Shems FM.

Il a indiqué, à ce titre, que le parquet demande une requalification de l’accusation conforme à l’article 227 alinéa 1 su Code pénal. Ce dernier article énonce, ainsi, qu’«est puni de mort : 1- le crime de viol commis avec violence, usage ou menace d’usage d’arme».
«La sentence peut-aller jusqu’à la peine capitale», a-t-il ajouté.

Dans une autre déclaration accordée à l’Agence France-Presse (AFP), Sofiène Sliti a expliqué que le Tribunal de première instance de Tunis n’avait pas retenu l’usage de violences dans la qualification des faits. Il a indiqué, par ailleurs, que les policiers ont bénéficié de circonstances atténuantes, et ce, sans que le Tribunal n’en donne les motivations.

Pour rappel, le 31 mars 2014, la chambre criminelle auprès du Tribunal de première instance de Tunis avait condamné les deux policiers accusés du viol de «Meriem» à sept ans de prison. Le troisième policier avait été, quant à lui, condamné à une peine de deux ans de prison pour corruption.

Le verdict avait provoqué une levée de boucliers chez les avocats de la jeune fille violée qui déploraient une mauvaise application de la loi, puisque le Code pénal sanctionne par la peine de mort «le crime de viol commis avec violence, usage ou menace d’usage d’arme».«Nous sommes contre la peine de mort», avait toutefois, précisé, Maître Emna Zahrouni, membre du comité de défense de «Meriem», réclamant, de ce fait, uniquement, une lourde peine de prison. Des organisations de la société civile avaient jugé, aussi, que la sentence prononcée à l’encontre des trois policiers est clémente.

Du côté des accusés, Fethi Laâyouni, avocat des policiers, avait fait appel contre ce verdict, qu’il avait qualifié d’«injuste», vu l’absence d’éléments accablant ou innocentant de manière définitive les policiers. Il avait, par ailleurs, fustigé «la pression médiatique et étrangère» qui aurait influé sur le cours du procès, d’après lui.

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