Forum social mondial 2013 : Les altermondialistes à l’heure de la «dignité» des Tunisiens

Forum social mondial (photo webdo.tn)
Une tente a été dressée sur l’avenue Habib Bourguiba pour l’inscription des participants (crédit photo: webdo.tn 26/03/2013)

Cinq jours durant, Tunis sera la capitale des altermondialistes. Mais la capitale n’a pas attendu le démarrage du Forum social mondial pour se préparer et se parer à cette 12ème édition. De nombreux «touristes», venus de partout ont déjà déferlé sur Tunis. Ils viennent de France, d’Allemagne, d’Espagne, d’autres sont venus d’Amérique mais aussi de partout ailleurs.
Tout commence aujourd’hui avec la tenue d’une grande manifestation festive qui partira de l’avenue Habib Bourguiba jusqu’au Campus d’El Manar qui a été choisi comme QG de l’événement et réunira des dizaines de milliers de militants. On parle de 30 à 60.000 altermondialistes attendus durant ces cinq jours et beaucoup ont donc déjà débarqué et s’activent à mettre en place les habituelles tentes qui serviront à l’accueil du public.

Placé sous le signe de la «Dignité», ce 12ème FSM permettra d’accueillir en outre plus de 4500 associations, syndicats et ONG venus de 127 pays.
Mais pourquoi le choix de la Tunisie ? Selon Francisco «Chico» Whitaker, un des fondateurs du Forum social mondial, ce choix répond à diverses propositions faites par plusieurs organisations et mouvements sociaux qui s’inscrivent dans la signification du printemps arabe pour toutes les luttes mondiales.

Le FSM veut surfer sur cette vague qui a inspiré des milliers de jeunes à travers le monde en exigeant des changements. Ici, la mobilisation des Tunisiens pour renverser la dictature a joué un rôle de locomotive à de nombreux autres mouvements. Et aujourd’hui, le FSM veut établir des connexions avec ces mouvements «révolutionnaires» tunisiens. C’est en ce sens que Tunis offre un cadre de débat mondial aux altermondialistes.

Logo FSMLa Tunisie, 3ème pays africain à accueillir le FSM, est devenue en quelque sorte le début d’un nouveau cycle révolutionnaire qui s’est engagé avec les printemps arabes. En organisant leur FSM à Tunis, les altermondialistes veulent montrer au monde entier que ce nouveau cycle de luttes et de révolutions, bien qu’encore en gestation permettra de mieux «ressentir» les attentes du peuple tunisien et à travers lui, de tous les peuples, maghrébin voire arabes… Avec en point de mire le peuple palestinien, qui est à l’honneur lors de ce forum.
Les altermondialistes espèrent bien retrouver un nouveau souffle alors que ce mouvement, qui existe depuis 2001 (Porto Alegre) tend à s’essouffler. Et là, Tunis, offre de nouvelles possibilités pour faire émerger de nouvelles idées contestataires.

Il va sans dire que le Forum social mondial 2013 ne sera pas uniquement axé sur les printemps arabes bien que les révolutions arabes et tunisienne resteront au centre des débats car sources d’initiatives et de propositions politiques en rupture avec les systèmes classiques.
Le mot «dignité», slogan clamé par des millions de personnes lors des révolutions arabes a été choisi pour être le slogan des altermondialistes et qui prend le relais d’un autre slogan «un autre monde est possible».

Et à Tunis, les altermondialistes auront à débattre des transitions démocratiques, des inégalités sociales, des droits de la femme ou encore de la place de la religion. Mais ils chercheront également à créer de nouvelles interconnexions avec tous mouvements et organisations de la société civile qui ont osé s’attaquer à Ben Ali et l’ont fait chuter. Ce sera une manière directe d’échanger des idées mais aussi de renforcer et soutenir la transition démocratique en Tunisie. Une manière également, de redonner du souffle à la contestation du système capitaliste tout en consacrant les révoltes arabes.

C’est dans une ambiance festive qui verra l’organisation de nombreuses manifestations et plus d’un millier d’ateliers que les altermondialistes, ces anticapitalistes, tenteront comme il est coutume, depuis 2001, de traiter des principaux sujets de préoccupation de la société civile en rapport avec la mondialisation, de présenter une alternative sociale au Forum économique mondial qui se déroule chaque année en janvier à Davos en Suisse et surtout de renforcer son opposition à l’ordre néolibéral en recherchant le dialogue avec tous les courants idéologiques tout en s’interdisant la participation de partis politiques.

Commentaires: