Naturalisé saoudien en février 2026 après avoir été présenté comme un espoir de la natation tunisienne, Rami Bilal Rahmouni a remporté le 400 mètres nage libre aux Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar. Dans la même épreuve, le Tunisien Youssef Douma a terminé sixième. Un contraste qui relance la question de la fidélisation des jeunes talents sportifs en Tunisie.
Un titre historique pour l’Arabie saoudite, une sixième place pour la Tunisie et, entre les deux, le parcours d’un nageur qui a changé de nationalité sportive. Le 3 novembre 2026, Rami Bilal Rahmouni a remporté la médaille d’or du 400 mètres nage libre aux Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar, avec un chrono de 3 min 47 s 86.
Sous les couleurs saoudiennes, l’ancien espoir tunisien a devancé le Russe Bogdan Toropkin, deuxième en 3 min 50 s 46, et le Mexicain Daniel Saborio Grillo, troisième en 3 min 52 s 72.
La performance revêt une portée particulière pour son nouveau pays. Selon l’agence officielle Saudi Press Agency (SPA), il s’agit de la première médaille d’or de la natation saoudienne dans l’histoire des participations du Royaume aux Jeux olympiques. C’est également la deuxième médaille d’or de la délégation saoudienne aux Jeux olympiques de la jeunesse, après celle remportée en karaté à Buenos Aires en 2018.
Rahmouni, de l’espoir tunisien au podium saoudien
Ce résultat donne une dimension sportive concrète au changement de nationalité de Rami Rahmouni. Présenté alors comme un espoir de la natation tunisienne, le nageur a depuis rejoint les rangs de la sélection saoudienne.
Sa victoire à Dakar illustre le niveau auquel il évolue désormais et la récompense obtenue sous ses nouvelles couleurs. Elle pose aussi une question qui dépasse son seul parcours : celle de la capacité de la Tunisie à accompagner ses jeunes nageurs et à leur offrir les conditions nécessaires pour poursuivre leur progression au plus haut niveau.
Youssef Douma dans le top 6 mondial
Dans la même course, le Tunisien Youssef Douma, âgé de 17 ans, a pris la sixième place au classement général, en 3 min 58 s 77. Un résultat obtenu malgré sa participation à une série moins rapide : il a finalement devancé quatre nageurs engagés dans la série la plus relevée.
Douma termine à 10,91 secondes du vainqueur et à seulement 0,86 seconde du Sud-Africain Matthew Goller, cinquième en 3 min 57 s 91. Le classement confirme ainsi la présence de deux nageurs africains parmi les six premiers d’une épreuve qui a réuni 33 concurrents.
Un autre Tunisien, Mohamed Yassine Ben Ajmia, âgé de 14 ans, a terminé à la 22e place avec un temps de 4 min 10 s 69.
Le défi tunisien : transformer les espoirs en parcours durables
Les résultats de Dakar mettent en lumière deux réalités qui méritent d’être examinées. D’un côté, un nageur passé par la filière tunisienne décroche un titre historique pour l’Arabie saoudite. De l’autre, un représentant tunisien figure dans le top 6 de la même épreuve.
La question n’est donc pas seulement celle des médailles ou des changements de nationalité sportive. Elle concerne aussi les moyens consacrés à la formation, la qualité de l’encadrement, les conditions de préparation et les perspectives offertes aux jeunes athlètes.
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