Les fouilles archéologiques en cours sur le site romain de Kestilia, situé dans la délégation de Degache (gouvernorat de Tozeur), révèlent des avancées significatives qui confirment l’ampleur historique du lieu. Selon le représentant de l’Institut national du patrimoine dans la région, ces travaux mettent en évidence l’existence d’une véritable ville antique, encore largement ensevelie sous le sable.
Menées du 16 mars au 4 avril, ces fouilles s’inscrivent dans un projet de recherche conjoint entre l’Institut national du patrimoine et l’Université de Rome Tor Vergata. Ce programme, étalé sur trois ans (2026-2028), s’inscrit dans le cadre d’une coopération scientifique tuniso-italienne visant à approfondir les recherches entamées depuis 2017. Ces premières investigations avaient déjà permis de mettre au jour une église romaine datant du milieu du IVe siècle ainsi que plusieurs objets et céramiques.
Un ensemble de structures attenantes à l’église
Les nouvelles découvertes concernent un ensemble de structures attenantes à l’église, notamment un espace organisé autour d’une cour rectangulaire, bordée par un bâtiment composé de huit pièces. L’agencement de ces espaces laisse supposer l’existence d’une activité artisanale, probablement liée à la production de plâtre, des traces de combustion de cette matière ayant été relevées à l’intérieur des pièces.
D’autres murs ont également été identifiés au nord de cet ensemble, renforçant l’hypothèse d’un tissu urbain plus vaste. Pour les chercheurs, ces éléments confirment que le site ne se limite pas à un édifice religieux isolé, mais correspond à une agglomération structurée.
Lire aussi : Tunisie-Italie : Valorisation des sites archéologiques du Cap Bon pour stimuler le tourisme
Le projet mobilise une équipe pluridisciplinaire composée de chercheurs, d’enseignants et d’étudiants tunisiens et italiens. Plusieurs axes de travail sont menés en parallèle. Une première équipe se consacre à la poursuite des fouilles et à l’étude des céramiques afin de mieux dater les différentes phases d’occupation du site.
Une deuxième équipe intervient sur la restauration, la conservation et la valorisation du site, tandis qu’un troisième groupe analyse les restes biologiques, notamment les ossements et les vestiges végétaux, pour reconstituer les habitudes alimentaires des populations anciennes.
Etude des cendres et des matériaux brûlés
Enfin, une approche innovante est mise en œuvre à travers l’étude des cendres et des matériaux brûlés, une première pour les sites romains du sud du Maghreb. Cette analyse vise à mieux comprendre les modes de consommation et les activités économiques qui structuraient cette ville antique.
Ces recherches ouvrent ainsi de nouvelles perspectives sur l’histoire du sud tunisien à l’époque romaine, en apportant des données inédites sur l’organisation urbaine, les pratiques artisanales et les dynamiques économiques de la région.