Sous pression après plusieurs semaines de flambée des prix du poulet, le marché tunisien de la volaille pourrait connaître une accalmie progressive d’ici le début de l’été.
Intervenant mardi à l’Assemblée des représentants du peuple, Samir Abid a détaillé les mesures engagées pour rétablir l’équilibre entre l’offre et la demande, en misant à la fois sur une réduction des marges et sur des importations ciblées. L’objectif affiché est une détente plus visible des prix entre mai et juin.
Des ajustements immédiats pour freiner la flambée
Face à la tension persistante sur les prix de la volaille, le ministère du Commerce a d’abord revu les mécanismes d’intervention adoptés après l’Aïd.
Le ministre a reconnu que le plafonnement des prix appliqué dans un premier temps n’a pas donné les résultats attendus, notamment dans un contexte de perturbations temporaires de l’approvisionnement.
Pour corriger cette situation, plusieurs ajustements ont été lancés dans la filière avicole dont la réduction des marges bénéficiaires ; l’orientation renforcée vers la vente de poulet prêt à cuire ; le suivi plus rapproché des circuits de distribution.
Selon le ministre, ces premières mesures commencent déjà à produire leurs effets, avec une tendance progressive à la baisse des prix observés sur les marchés.
Des importations pour renforcer l’offre
Le levier principal du plan gouvernemental repose désormais sur le renforcement structurel de l’offre.
Dans cette optique, le département du Commerce travaille à l’importation de reproducteurs de volailles et d’œufs à couver, une démarche destinée à soutenir la production locale dans les prochaines semaines.
Cette injection de nouveaux intrants dans la filière devrait permettre de rétablir l’équilibre du marché d’ici deux mois, soit pendant les mois de mai et juin, période à laquelle une détente plus nette des prix est attendue.
Un marché encore influencé par la conjoncture
Au-delà de la seule filière avicole, Samir Abid a rappelé que la hausse des prix alimentaires s’inscrit dans un contexte plus large mêlant facteurs saisonniers, effets climatiques et baisse temporaire de l’offre.
La période post-Aïd, marquée par une reprise retardée de certains producteurs, a accentué les déséquilibres, avant un redressement progressif amorcé ces derniers jours.
Le gouvernement mise désormais sur cette double stratégie — encadrement des marges et renforcement de la production — pour restaurer le pouvoir d’achat des ménages.