Un nouveau cap vient d’être franchi dans la politique céréalière tunisienne. Un arrêté conjoint publié dans le dernier numéro du Journal officiel, en date du 2 avril 2026, fixe désormais les taux d’extraction de la semoule et de la farine, dans une optique clairement orientée vers l’amélioration de la qualité nutritionnelle du pain.
Le texte, signé par les ministres de l’Agriculture et du Commerce, redéfinit les catégories de produits issus du blé. Du côté du blé dur, un seul type de semoule est désormais retenu, simplement désigné comme « semoule ». Pour le blé tendre, deux variétés de farine sont distinguées : l’une destinée à la fabrication du pain, l’autre dédiée au pain fin et à la pâtisserie.
Les taux d’extraction
Au-delà de cette classification, l’élément central de la réforme réside dans les taux d’extraction. La semoule issue du blé dur est fixée à 70 %, tandis que la farine panifiable atteint un taux de 85 %. La farine destinée aux pains fins et aux pâtisseries est, elle, limitée à 71 %. Ces seuils ne sont pas anodins : ils traduisent une volonté de conserver davantage d’enveloppes du grain, riches en fibres, dans les produits finis.
Cette orientation s’inscrit dans une stratégie plus large des autorités visant à promouvoir un pain subventionné à meilleure valeur nutritionnelle. En augmentant la teneur en fibres, les pouvoirs publics entendent répondre à des enjeux de santé publique, notamment la prévention de certaines maladies liées à l’alimentation.
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Sur le plan politique, cette décision est perçue comme un tournant. Le député au Conseil national des régions et des districts, Marouane Zayen, a salué un un véritable point de départ pour la production de pain riche en fibres. Il y voit même « une victoire historique pour la santé et la souveraineté alimentaire », soulignant les implications à la fois sanitaires et stratégiques de cette réforme, rapporte Mosaïque FM.
Minoteries et boulangeries
Reste à observer les modalités concrètes de mise en œuvre sur le terrain, notamment au niveau des minoteries et des boulangeries, ainsi que l’acceptabilité de ces nouveaux standards par les consommateurs, habitués à des textures et des goûts spécifiques.