Le Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM) et le WWF France ont lancé en Tunisie le projet PENELOPE, doté de 2 millions d’euros, dont 1 million financé par le FFEM, pour protéger les herbiers de posidonie. Derrière cet enjeu écologique, se dessine un levier encore discret mais stratégique : celui du carbone bleu, au cœur des nouvelles dynamiques climatiques en Méditerranée.
Les herbiers de posidonie font partie des écosystèmes dits de « carbone bleu », capables de stocker durablement le CO₂ dans les fonds marins.
Un puits de carbone encore sous-estimé
Peu visibles, les herbiers marins jouent pourtant un rôle central dans la régulation du climat. Bien qu’ils couvrent moins de 0,2 % des fonds océaniques, ils concentrent près de 10 % du carbone stocké. En Tunisie, ils participent aussi à la protection des côtes et au maintien de la pêche artisanale.
Mais leur état reste encore mal connu à l’échelle nationale, et leur protection juridique demeure limitée, alors même que les pressions humaines s’intensifient.
Vers un nouveau levier économique
Au-delà de la conservation, le projet PENELOPE introduit un changement de paradigme : faire des écosystèmes marins un levier économique. Cartographie, surveillance nationale, implication des pêcheurs… l’initiative vise à structurer progressivement une filière de carbone bleu, avec des résultats attendus à l’horizon 2029.
Soutenu par une coopération internationale, ce projet pourrait positionner la Tunisie comme un terrain pilote en Méditerranée. À terme, ces écosystèmes pourraient aussi s’inscrire dans des mécanismes de valorisation carbone, ouvrant la voie à de nouveaux modèles économiques autour de la préservation marine.
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