Les agents de livraison à Tunis menacent de suspendre leur activité pendant deux jours, les 28 et 29 octobre 2026, pour faire entendre leurs revendications professionnelles. Dans une notification de grève, l’Union régionale du travail de Tunis dénonce des revendications restées sans réponse et ce qu’elle qualifie de refus de dialogue de la part de l’administration.
Ce mouvement annoncé intervient dans un contexte de tensions autour des conditions de travail dans le secteur de la livraison, devenu un maillon important de la distribution des marchandises, du commerce en ligne et des services. Si les revendications précises des agents concernés n’ont pas été détaillées dans l’annonce disponible, leur mobilisation remet sur la table la question des droits professionnels et des conditions d’exercice de ce métier.
Derrière la menace de grève, des difficultés qui traversent le secteur
La situation des agents de livraison ne peut être dissociée des mutations du secteur en Tunisie. Le développement du commerce électronique et des services de livraison rapide a renforcé le rôle de ces travailleurs, qui assurent le lien entre les commerçants, les entreprises et les clients. Pourtant, les conditions d’exercice du métier varient considérablement selon les entreprises, les contrats et les formes d’organisation du travail.
Les difficultés sont particulièrement visibles dans la livraison via les plateformes numériques. Les dépenses liées au carburant, à l’entretien des véhicules et à la connexion mobile, les risques d’accidents et l’irrégularité des revenus figurent parmi les problèmes soulevés par les livreurs. En juillet 2026, des livreurs d’applications avaient notamment réclamé une meilleure rémunération et des garanties minimales de revenus, illustrant les tensions autour de la rentabilité de leur activité.
Il convient toutefois de distinguer ces travailleurs indépendants des agents employés par des entreprises de livraison : leurs statuts et leurs revendications ne sont pas nécessairement identiques. Dans le cas du mouvement annoncé à Tunis, le contenu détaillé des demandes professionnelles reste à préciser.
Le statut des livreurs et leur protection sociale au cœur du débat
La question dépasse les seules revendications salariales. Elle concerne également la stabilité de l’emploi, la couverture sociale, l’assurance contre les accidents du travail et la clarification des responsabilités entre les travailleurs, les entreprises et les plateformes numériques.
Le débat a pris une nouvelle dimension en 2026. En juillet, l’UGTT avait demandé à être associée aux travaux de révision du Code du travail concernant notamment les travailleurs des plateformes numériques. En septembre, le ministère des Affaires sociales a annoncé le lancement d’une plateforme numérique destinée à renforcer le contrôle de l’Inspection du travail, y compris pour les travailleurs des plateformes de livraison.
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Ces initiatives témoignent de la nécessité de mieux encadrer une activité en pleine évolution. Mais l’amélioration des mécanismes de contrôle ne règle pas, à elle seule, les différends professionnels au sein des entreprises.
Le préavis annoncé pour les 28 et 29 octobre constituera donc un nouveau test pour le dialogue social dans le secteur. L’issue dépendra notamment de la nature exacte des revendications, de la réponse de l’administration et de l’ouverture éventuelle de négociations avant la date prévue. Si le mouvement est maintenu, ses répercussions dépendront du nombre d’agents concernés et des activités de livraison touchées.