La réunion des procureurs généraux près les cours d’appel, tenue lundi 26 janvier 2026 au siège du ministère de la Justice, n’avait rien d’une simple rencontre administrative. Présidée par la ministre Leïla Jaffel, également cheffe du ministère public, la rencontre a pris des allures de rappel à l’ordre, dans un contexte marqué par de fortes attentes autour du fonctionnement de la justice et du respect des garanties procédurales.
Dès l’ouverture des travaux, la ministre a insisté sur la nécessité d’évaluer la performance de l’appareil du parquet, rappelant le rôle central qui lui revient dans la mise en œuvre de la politique pénale de l’État. L’objectif affiché repose sur un équilibre délicat : assurer l’application rigoureuse de la loi et la lutte contre la criminalité, tout en protégeant les droits et libertés des individus.
Le message adressé aux procureurs généraux est sans ambiguïté. Le respect strict des procédures s’impose à toutes les étapes, aussi bien lors des poursuites que durant l’exécution des peines au sein des établissements pénitentiaires. À travers cette insistance, la ministre a rappelé les responsabilités particulières du ministère public, souvent critiqué pour des pratiques jugées expéditives ou peu attentives aux garanties du procès équitable.
Les délais judiciaires
La question des délais judiciaires a également occupé une place centrale. Leïla Jaffel a souligné que la consécration du droit constitutionnel à un procès équitable dans un délai raisonnable constitue une priorité absolue. Dans ce cadre, des instructions ont été données pour lever les obstacles administratifs et procéduraux entravant l’accès rapide des justiciables à leurs droits, condition essentielle pour restaurer la confiance des citoyens dans l’institution judiciaire.
Au-delà des principes, la ministre a mis l’accent sur la dimension exemplaire attendue des responsables judiciaires. Discipline, assiduité et facilitation des services administratifs aux justiciables et aux intervenants du secteur judiciaire ont été présentées comme des exigences non négociables. Cette orientation vise à améliorer le fonctionnement quotidien des tribunaux et à garantir une justice efficace, équitable et crédible.
Les échanges ont enfin permis d’aborder plusieurs difficultés pratiques rencontrées dans le travail judiciaire et administratif, avec un accent particulier sur la nécessité d’harmoniser les pratiques et les interprétations juridiques. Une démarche qui traduit la volonté du ministère de reprendre la main sur le fonctionnement du parquet et d’imposer une ligne claire, fondée sur la légalité, la rigueur et le respect des droits.
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