Après 8,4 millions de transactions enregistrées en 2025, le paiement mobile poursuit sa progression en Tunisie. Les cinq millions d’opérations réalisées au premier semestre 2026 laissent envisager un total proche de dix millions sur l’ensemble de l’année. Une croissance qui contraste avec la faible utilisation des comptes ouverts auprès des établissements de paiement spécialisés, selon le dernier rapport de la Banque centrale de Tunisie (BCT).
Le paiement mobile continue de gagner du terrain en Tunisie. Selon les données publiées par la Banque centrale de Tunisie, le nombre de transactions effectuées par téléphone a atteint cinq millions au cours des six premiers mois de 2026, pour un montant de 914,2 millions de dinars.
Ces résultats, présentés dans le bulletin n°17 de la BCT consacré aux paiements, correspondent à une progression de 31,5 % en nombre et de 17,7 % en valeur par rapport au premier semestre 2025.
Le parc de portefeuilles mobiles, également appelés wallets, atteignait 512 000 unités à fin juin 2026.
Vers dix millions de transactions sur l’ensemble de 2026 ?
L’évolution des chiffres depuis le début de l’année permet d’esquisser une tendance.
Au premier trimestre 2026, la BCT avait recensé 2,7 millions de transactions mobiles, pour un montant de 487,6 millions de dinars. Sur l’ensemble du premier semestre, les volumes ont atteint cinq millions de transactions et 914,2 millions de dinars.
Si le rythme observé au cours des six premiers mois se maintient, le paiement mobile pourrait ainsi totaliser environ dix millions de transactions en 2026, pour un montant proche de 1,83 milliard de dinars.
Cette estimation, calculée par extrapolation des résultats semestriels, ne constitue pas une prévision officielle de la BCT. Les volumes du second semestre pourraient notamment évoluer en fonction des habitudes de consommation et des fluctuations saisonnières.
La progression serait néanmoins notable par rapport à 2025, année durant laquelle 8,4 millions de transactions mobiles avaient été enregistrées, représentant 1,769 milliard de dinars.
L’augmentation du nombre d’opérations ne signifie cependant pas que tous les utilisateurs ont adopté les services financiers numériques dans leurs transactions quotidiennes.
Près de neuf comptes spécialisés sur dix étaient inactifs fin 2025
Le rapport annuel sur la supervision bancaire 2025, publié récemment par la BCT, apporte un éclairage complémentaire sur les difficultés rencontrées par les établissements de paiement.
À fin décembre 2025, les cinq établissements spécialisés en activité totalisaient 113 739 comptes de paiement, contre 78 930 un an auparavant.
Mais seuls 12 843 comptes étaient actifs, soit 11,3 % du total, contre 30,2 % en 2024. En un an, leur nombre avait diminué de 46 %, malgré l’augmentation des ouvertures de comptes.
Il convient toutefois de distinguer ces comptes spécialisés des portefeuilles mobiles recensés dans les statistiques générales de paiement, lesquelles incluent également les services proposés par les banques et d’autres prestataires. Les deux indicateurs ne mesurent donc pas exactement la même activité.
La situation financière des établissements spécialisés illustre également les difficultés du secteur. Malgré la progression de leurs transactions, ils ont enregistré des pertes cumulées de 17,3 millions de dinars en 2025.
Pour encourager une utilisation plus large de ces services, la BCT a adopté en septembre 2026 une nouvelle réglementation relevant notamment les plafonds des comptes de paiement, désormais fixés à 20 000 dinars pour les comptes de niveau 3.
Le développement du paiement mobile se poursuit ainsi sur fond de transformation réglementaire. Les prochains résultats des établissements spécialisés permettront de mesurer si la croissance des transactions s’accompagne aussi d’une augmentation du nombre de comptes réellement utilisés.
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