Le ravitaillement des stations-service devrait retrouver un rythme normal dès samedi 29 août, selon le PDG d’Agil, Khaled Bettine. Des quantités importantes de carburants doivent être injectées dans les stations à partir de vendredi soir, alors que l’affluence provoquée par les craintes de pénurie a entraîné des tensions dans plusieurs points de vente. Mais si la situation immédiate semble devoir se stabiliser, le dossier social reste ouvert : les transporteurs de carburants ont officiellement déposé un préavis de grève pour les 23 et 24 septembre 2026.
Des quantités supplémentaires dès vendredi soir
Dans une déclaration à l’agence TAP, Khaled Bettine a assuré que les carburants sont disponibles et que les stocks ne posent aucun problème.
Une cargaison était en cours de déchargement à Bizerte vendredi, tandis que des quantités étaient disponibles dans les dépôts d’Agil à Radès et à Skhira. Une autre cargaison était également en cours d’importation.
Agil prévoit d’intensifier les opérations de distribution. Des camions doivent acheminer de l’essence et du gasoil depuis Radès et Skhira vers les différentes stations-service du pays.
L’objectif affiché est un retour à un rythme normal d’approvisionnement dès samedi.
Une ruée provoquée par les craintes de grève
Pour Khaled Bettine, les difficultés observées dans certaines stations ne résultent pas d’une pénurie nationale de carburants, mais principalement de la ruée des automobilistes après la circulation d’informations concernant une éventuelle grève des transporteurs.
Cette hausse brutale de la demande aurait entraîné l’épuisement rapide des stocks dans plusieurs stations.
Agil affirme par ailleurs avoir continué, au cours des derniers mois, à approvisionner régulièrement le marché et assure que ses contrats avec les fournisseurs internationaux restent en vigueur.
Le souvenir du mouvement surprise du 20 août
Cette tension intervient après un premier épisode de perturbation, le 20 août, lorsque des chauffeurs de camions-citernes avaient observé un mouvement surprise qui avait affecté la sortie des véhicules dans les zones pétrolières de Radès et de Skhira.
Le mouvement avait été levé le même jour et l’approvisionnement avait ensuite repris. Agil avait alors assuré que la situation était revenue à la normale.
Khaled Bettine qualifie aujourd’hui ce mouvement de spontané et soudain, sans annonce préalable, et indique que des discussions sont en cours pour traiter progressivement les revendications des chauffeurs.
Une nouvelle grève officiellement programmée
Le problème n’est toutefois pas définitivement réglé. Le département du secteur privé de l’UGTT a officiellement déposé jeudi 27 août un préavis de grève dans le secteur du transport des carburants pour les 23 et 24 septembre. Le mouvement doit concerner les entreprises de transport de carburants sur l’ensemble du territoire national.
Le préavis intervient après une réunion des représentants des travailleurs tenue le 26 août. Les syndicats dénoncent notamment le non-respect d’accords antérieurs, ainsi que des problèmes liés aux obligations sociales et à la couverture auprès de la CNSS. L’application de l’accord conclu le 2 mai 2019 figure également parmi les revendications avancées.
L’UGTT laisse ainsi près d’un mois aux différentes parties pour parvenir à un accord et éviter l’exécution de cette grève.
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