La Tunisie prépare les grandes orientations de sa politique économique pour 2027. Réuni mercredi 19 août 2026 au palais du gouvernement à la Kasbah, un Conseil ministériel présidé par la cheffe du gouvernement, Sara Zaafrani Zenzri, a été consacré à l’examen du projet de balance économique pour l’année 2027.
Présentée comme un document d’orientation majeur, cette balance économique doit traduire les choix économiques et sociaux de l’État et définir les priorités nationales à travers les programmes et projets destinés à promouvoir un développement global et équitable ainsi qu’à soutenir la croissance.
La cheffe du gouvernement a insisté sur la nécessité d’assurer une cohérence entre la balance économique 2027, le Plan de développement 2026-2030, le projet de loi de finances et le budget de l’État pour 2027.
Investissement, projets et création de richesse au cœur des priorités
Le gouvernement entend poursuivre ses efforts en faveur de l’investissement et de la création de richesse, tout en accélérant la réalisation des projets publics et privés. L’amélioration de la compétitivité de l’économie tunisienne figure également parmi les principales priorités, dans un contexte international marqué par une multiplication des incertitudes et des chocs économiques.
Selon la présidence du gouvernement, la préparation des documents économiques et budgétaires pour 2027 devra notamment tenir compte du maintien de l’incertitude mondiale à des niveaux élevés, du ralentissement de la croissance internationale, de la volatilité des prix des matières premières et des hydrocarbures, de la prudence des politiques monétaires mondiales et de l’accélération des investissements dans le numérique.
Le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, a présenté lors du Conseil un exposé détaillé sur le projet de balance économique. Il a notamment souligné que l’évolution de l’économie mondiale durant la période 2025-2026 témoigne d’une phase de volatilité accrue, caractérisée par des incertitudes géopolitiques, économiques et commerciales ainsi que par des pressions sur le commerce international, l’investissement et les chaînes d’approvisionnement.
Une croissance de 2,4 % au premier semestre 2026
Le Conseil ministériel a également dressé un état des lieux de la conjoncture économique nationale. Le produit intérieur brut a enregistré une croissance de 2,3 % au deuxième trimestre 2026, après une progression de 1,4 % au premier trimestre. Sur l’ensemble du premier semestre, la croissance s’est établie à 2,4 %.
Les performances des différents secteurs demeurent toutefois contrastées. L’agriculture a enregistré une amélioration importante, notamment grâce aux filières céréalière et oléicole. Le secteur des industries mécaniques et électriques a, pour sa part, affiché une bonne dynamique, portée par son potentiel à l’exportation et sa capacité à créer des emplois.
Le tourisme a également maintenu sa résilience, tandis que les investissements directs étrangers ont progressé. Le gouvernement a par ailleurs relevé le recul de l’inflation et le maintien des réserves en devises à des niveaux jugés acceptables.
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Sur le marché de l’emploi, le taux de chômage a poursuivi sa tendance baissière observée depuis le premier trimestre 2025, pour atteindre 14,9 % au deuxième trimestre 2026, contre 15,3 % à la même période de l’année précédente.
Le développement des investissements dans les énergies renouvelables constitue également un facteur positif, dans un contexte où la Tunisie cherche à renforcer la capacité de son économie à résister aux chocs internes et externes.
Accélérer les projets et débloquer les dossiers en suspens
À l’issue des discussions, le Conseil ministériel a décidé de mettre l’accent sur l’amélioration du climat des affaires, la stimulation de l’investissement public et privé et le renforcement d’un développement régional plus équilibré.
L’une des principales priorités concerne l’accélération de la réalisation des projets et le règlement des dossiers d’investissement encore bloqués. Les efforts devront être orientés en priorité vers les secteurs productifs, les activités capables de créer de la richesse et des emplois, ainsi que les projets présentant le plus fort impact économique et social.
Le gouvernement souhaite également accélérer la transformation technologique et numérique, tout en renforçant la recherche et l’innovation afin de développer de nouveaux secteurs à forte valeur ajoutée.
Miser sur la souveraineté économique et les ressources nationales
Sara Zaafrani Zenzri a appelé à adopter une approche anticipative face aux différents défis économiques. Cette stratégie repose notamment sur le renforcement de la souveraineté économique, la mobilisation des ressources nationales, la diversification des sources de financement et le soutien à la production et à l’investissement.
Le gouvernement entend parallèlement tirer parti des opportunités liées à la transformation numérique, aux nouvelles technologies et à la transition énergétique.
La cheffe du gouvernement a enfin insisté sur la nécessité d’accélérer la finalisation du projet de balance économique 2027 sur la base de données économiques, sociales et financières actualisées et en fonction des priorités du Plan de développement 2026-2030. Les projets devront être hiérarchisés selon leur degré de préparation, leur faisabilité, la disponibilité des financements ainsi que leur rentabilité et leur impact économique et social.
À travers cette feuille de route, l’exécutif tunisien cherche ainsi à concilier deux impératifs : soutenir une croissance économique plus soutenue tout en renforçant la justice sociale et l’équilibre du développement entre les différentes régions du pays.