La progression de l’endettement total de la Tunisie a marqué un net ralentissement en 2025, selon le dernier rapport annuel de la Banque centrale de Tunisie (BCT). La hausse de la dette s’est limitée à 3,9%, contre 4,5% un an auparavant, grâce à la poursuite du recul de l’endettement extérieur, engagé depuis 2023. Dans le même temps, la dette intérieure continue de progresser et représente désormais près des trois quarts de l’endettement total, tandis que le service de la dette publique a légèrement diminué et devrait poursuivre sa baisse en 2026.
L’endettement total du pays a progressé de 3,9% en 2025, contre 4,5% en 2024, a indiqué la BCT dans son rapport annuel. Cette évolution est attribuée à une baisse plus marquée de l’encours de la dette extérieure, qui a reculé de 9,9%, après une diminution de 6,6% l’année précédente. Dans le même temps, la croissance de la dette intérieure a légèrement ralenti, passant de 9,8% à 9,6%.
La dette extérieure poursuit son recul
Au terme de l’année 2025, l’encours de la dette extérieure s’est établi à 67,16 milliards de dinars, prolongeant la tendance baissière observée depuis 2023.
Selon la Banque centrale, cette évolution résulte principalement de remboursements du principal de la dette extérieure à long terme supérieurs aux nouveaux financements mobilisés durant l’année. À cela s’ajoute un effet de change défavorable lié aux fluctuations du dinar face aux principales devises d’endettement.
Une dette intérieure toujours en hausse
L’encours de la dette intérieure a, pour sa part, atteint 199,254 milliards de dinars. Son rythme de progression s’est légèrement modéré, notamment sous l’effet d’un ralentissement de l’endettement de l’État, dont la hausse est revenue à 21,6% contre 24% en 2024.
L’endettement des autres agents économiques non financiers a également ralenti, avec une progression de 3,3%, contre 3,6% un an auparavant.
Cette évolution confirme la transformation progressive de la structure de l’endettement tunisien. La part de la dette intérieure représente désormais près de 75% de l’endettement total, contre 71% en 2024 et 67% en 2023, traduisant un recours de plus en plus important au financement domestique.
L’État concentre près de la moitié de l’endettement
Par secteur institutionnel, les créances de l’État représentent près de la moitié de l’endettement total. Leur encours a progressé de 5,2% en 2025, contre 6,6% l’année précédente.
De leur côté, les autres agents économiques non financiers ont enregistré une hausse plus modérée de leur endettement, de 2,7%, contre 2,5% en 2024.
Le service de la dette en recul
Le rapport de la BCT fait également état d’une baisse des dépenses consacrées au service de la dette publique. Celles-ci ont diminué de 1,5% en 2025 pour s’établir à 24,44 milliards de dinars.
Cette diminution est essentiellement due au recul de 12,5% du service de la dette extérieure, qui concerne à la fois le remboursement du principal (-10,9%) et le paiement des intérêts (-18,9%).
À l’inverse, le service de la dette intérieure a augmenté de 8%, sous l’effet de la hausse des intérêts (+14,2%) et des remboursements du principal (+5,3%).
Pour 2026, la Banque centrale prévoit une poursuite de cette tendance, avec un service de la dette publique attendu à 23,06 milliards de dinars, soit une baisse supplémentaire de 5,7%.
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