L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) s’apprête à vivre une nouvelle séquence déterminante de son histoire récente. L’Instance du règlement intérieur a appelé l’ensemble des membres de la Commission administrative nationale à se réunir le mercredi 14 janvier 2026, à partir de 9 heures, à la salle Farhat Hached du siège central de l’organisation, afin de « délibérer sur les derniers développements ».
Cette convocation intervient dans un contexte qualifié de « phase délicate » par l’Instance elle-même, marqué notamment par la démission du secrétaire général, un événement qui a profondément accentué les lignes de fracture au sein de la centrale syndicale.
Depuis plusieurs semaines, l’UGTT traverse l’une des crises internes les plus sérieuses de son histoire récente. Les divergences entre dirigeants, les accusations de dépassements statutaires et les tensions entre certaines structures syndicales ont fragilisé la cohésion interne de l’organisation, pilier historique du paysage social et politique tunisien.
La démission du secrétaire général a agi comme un catalyseur, révélant au grand jour des désaccords jusque-là contenus. Elle a également ravivé les interrogations sur la gouvernance de l’UGTT, le respect de ses mécanismes internes de décision et la capacité de ses instances à gérer les conflits sans mettre en péril l’unité syndicale.
Le rôle central de l’Instance du règlement intérieur
Dans la convocation adressée lundi, l’Instance nationale du règlement intérieur précise que cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’article 132 du règlement intérieur de l’UGTT. Cet article confère à l’Instance un rôle clé de médiation, de rapprochement des points de vue et de règlement des différends entre syndicalistes.
L’Instance rappelle également sa compétence pour se saisir automatiquement de toutes les violations et dépassements commis par les adhérents et les structures syndicales, soulignant ainsi sa volonté de replacer le débat interne dans un cadre strictement statutaire et institutionnel.
La réunion du 14 janvier est perçue par de nombreux observateurs comme une tentative de sauvetage de l’organisation, à un moment où l’UGTT fait face à des défis multiples : pression sociale accrue, attentes élevées de ses bases, contexte économique tendu et relations complexes avec le pouvoir politique.
Au-delà des discussions de fond, cette rencontre devra surtout répondre à une question centrale : l’UGTT est-elle capable de dépasser ses querelles internes pour préserver son rôle historique de force de régulation sociale et de contre-pouvoir structurant ?
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