Le dossier d’inscription de Sidi Bou Saïd a franchi une nouvelle étape sur la scène patrimoniale internationale. Réuni à Tachkent, en Ouzbékistan, du 10 au 12 février 2026, lors de son treizième congrès, le comité du patrimoine dans le monde islamique relevant de Organisation du monde islamique pour l’éducation, les sciences et la culture a confirmé son inscription définitive sur la liste de l’organisation depuis 2022, assortie d’une recommandation explicite en faveur d’un appui à sa candidature auprès de Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture.
Cette décision marque un soutien institutionnel important dans la perspective d’un classement sur la Liste du patrimoine mondial. Le site bénéficie d’un intérêt particulier en raison de la singularité de son implantation géographique, de son paysage naturel et de son identité architecturale, devenue emblématique du littoral tunisien.
Valeur exceptionnelle du village
Mohamed Zine El Abidine, directeur de la Culture à l’ICESCO et ancien ministre tunisien des Affaires culturelles, a souligné la valeur exceptionnelle du village, évoquant son cachet urbanistique, son rayonnement touristique ainsi que la vitalité de son artisanat ancré dans l’histoire locale. Selon lui, ces atouts justifient une protection renforcée et une valorisation accrue à l’échelle internationale.
L’argumentaire patrimonial met également en avant la dimension artistique et muséale méditerranéenne du site, notamment à travers le Palais Ennejma Ezzahra, ancienne demeure du baron d’Erlanger, qui abrite aujourd’hui le Centre des musiques arabes et méditerranéennes.
L’ICESCO a réaffirmé, à cette occasion, son engagement à accompagner les États membres dans les procédures d’inscription de leurs biens culturels, qu’ils relèvent du patrimoine matériel ou immatériel. Dans ce contexte, l’organisation a rappelé l’inscription officielle de Djerba sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, le 18 septembre 2023, présentée comme un précédent encourageant pour les futurs dossiers tunisiens.
Objectif tangible
Pour Sidi Bou Saïd, la reconnaissance internationale apparaît désormais comme un objectif tangible, à condition de consolider le dossier technique et de répondre aux critères d’authenticité, d’intégrité et de gestion exigés par l’UNESCO.
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