Le désert peut-il devenir un espace agricole ? La question s’est invitée, une nouvelle fois, au palais de Carthage. Lors d’une rencontre tenue lundi 10 mars entre le président de la République, Kaïs Saïed, et le ministre de la Défense nationale, Khaled Sehili, la Présidence a évoqué l’expérience de Rjim Maatoug, dans le sud tunisien, présentée comme l’un des exemples les plus marquants de transformation du désert.
Selon le communiqué présidentiel, le chef de l’État a salué les efforts des forces armées tunisiennes « pour défendre la patrie et porter secours aux citoyens chaque fois que le devoir l’exige », tout en rappelant les projets menés par la Direction générale du génie militaire dans plusieurs régions du pays.
L’armée, acteur discret de l’aménagement
Au-delà de ses missions de défense, l’armée tunisienne intervient depuis longtemps dans des chantiers d’infrastructures et d’aménagement, en particulier dans des zones difficiles d’accès.
Routes, forages, installations hydrauliques ou encore travaux agricoles : l’expertise du génie militaire a parfois été mobilisée pour accompagner des projets de développement dans les régions du sud.
C’est dans cette logique que la Présidence a évoqué l’activité de l’Office de développement de Rjim Maatoug, structure chargée de la mise en valeur d’une zone située dans le gouvernorat de Kébili.
Rjim Maatoug, une oasis née au cœur des dunes
Lorsque le projet de Rjim Maatoug est lancé à la fin des années 1980, la région n’est qu’un paysage de dunes aux portes du Sahara. L’objectif est alors d’utiliser les ressources hydriques profondes pour faire émerger une agriculture saharienne dans une zone jusque-là inhabitée.
Le projet repose sur des forages profonds, la mise en place de réseaux d’irrigation et la création de vastes palmeraies, accompagnées d’infrastructures permettant l’installation de populations et d’exploitations agricoles.
Au fil des années, le paysage se transforme progressivement. Là où dominaient les dunes apparaissent des rangées de dattiers, des cultures maraîchères et des exploitations agricoles qui transforment cette portion du Sahara en oasis aménagée.
Aujourd’hui, Rjim Maatoug est surtout connu pour ses palmeraies de dattes Deglet Nour, mais aussi pour des cultures de légumes et de fruits rendues possibles grâce à l’irrigation. Le périmètre agricole aménagé couvre plusieurs centaines d’hectares et constitue l’un des exemples les plus visibles de mise en valeur agricole du désert tunisien.
Pour la Présidence, cette expérience montre que certaines zones sahariennes peuvent devenir productives lorsque les conditions techniques et hydrauliques sont réunies.
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