À quelques jours de la rentrée scolaire, le coût des dépenses liées à la scolarité s’impose une nouvelle fois comme une source de pression pour les familles tunisiennes. Si les fournitures de base, notamment les livres et cahiers subventionnés, restent relativement accessibles, ce sont les dépenses annexes qui font rapidement grimper la facture.
Selon le président de l’Association tunisienne des parents et des élèves, Riadh Zahrouni, les dépenses nécessaires pour un seul élève peuvent atteindre entre 150 et 800 dinars, voire davantage selon le niveau scolaire. Les cartables, les équipements sportifs et les autres fournitures viennent ainsi multiplier le coût initial de la rentrée.
Une facture qui ne se limite pas aux fournitures
Pour les familles, le véritable coût de la rentrée ne peut toutefois pas être calculé uniquement à partir du prix des fournitures scolaires.
Riadh Zahrouni souligne que ces dépenses viennent s’ajouter aux charges quotidiennes des ménages, notamment les dépenses alimentaires, le carburant ainsi que les factures d’eau et d’électricité. La rentrée scolaire intervient donc dans un contexte où les budgets familiaux sont déjà fortement sollicités.
À cela s’ajoutent, tout au long de l’année, les frais de transport, de restauration, de garderie, d’hébergement dans les internats ainsi que, pour de nombreuses familles, les cours particuliers.
Jusqu’à plusieurs centaines de dinars supplémentaires
Le phénomène des cours particuliers constitue notamment une importante source de dépenses. Selon Zahrouni, leur généralisation contribue à vider de sa substance le principe de gratuité de l’enseignement public, puisque les familles doivent désormais engager des dépenses supplémentaires pour permettre à leurs enfants de suivre normalement leur parcours scolaire.
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Il estime également que l’école publique ne parvient plus toujours à garantir à l’élève les acquis nécessaires au sein même de la classe, appelant à une réforme du système éducatif permettant de restaurer la qualité de l’enseignement et de réduire la dépendance aux cours particuliers.
Les consommateurs appellent à éviter le marché parallèle
De son côté, la vice-présidente de l’Organisation tunisienne de défense du consommateur, Thouraya Tebassi, qualifie elle aussi la rentrée scolaire de « très coûteuse » pour les familles.
Elle rappelle que la facture ne comprend pas uniquement les livres et cahiers, mais également le transport, l’hébergement dans les internats et les frais de garderie.
Pour limiter les dépenses, elle appelle les familles à privilégier les circuits légaux et à faire valoir leur droit à l’achat des cahiers subventionnés et des fournitures scolaires concernées. Elle met par ailleurs en garde contre certains produits vendus sur le marché parallèle, dont la composition peut, selon elle, présenter des risques pour la santé.
Une rentrée qui pèse sur le budget annuel
Ainsi, derrière la facture visible de la rentrée se cache une dépense beaucoup plus large qui s’étale sur toute l’année scolaire. Entre fournitures, transport, garderie, internat et cours particuliers, la scolarisation d’un enfant représente pour certaines familles plusieurs centaines de dinars supplémentaires.
La question du coût de la rentrée dépasse dès lors le simple prix du cartable et des cahiers : elle renvoie directement à la capacité des ménages tunisiens à absorber une nouvelle série de dépenses dans un contexte général de pression sur le budget familial.