Alors que les plages tunisiennes se transforment chaque été en véritables décharges à ciel ouvert après les journées de forte affluence, l’Italie fait un choix différent : protéger son littoral en encadrant certaines pratiques, y compris les pique-niques sur plusieurs plages privées.
Dans la région des Pouilles, des établissements balnéaires ont récemment interdit la consommation de nourriture apportée de l’extérieur. Une décision qui a suscité un débat national, certains y voyant une atteinte aux libertés des vacanciers, tandis que les gestionnaires invoquent la nécessité de préserver la propreté des plages et de limiter les déchets abandonnés.
Même si les autorités régionales ont rappelé que cette interdiction ne peut être généralisée, le débat révèle une philosophie de gestion du littoral : la protection de l’environnement passe désormais avant certaines habitudes estivales.
En Tunisie, un littoral victime des déchets
La situation est bien différente en Tunisie. Chaque week-end d’été, de nombreuses plages se couvrent de sacs plastiques, bouteilles, canettes, restes de nourriture, charbon de barbecue, couches pour enfants et emballages divers laissés par les estivants.
Les pique-niques sur les plages, lorsqu’ils ne sont pas accompagnés d’un minimum de civisme, deviennent l’une des principales sources de pollution du littoral. À cela s’ajoutent les feux improvisés, les installations anarchiques et parfois même l’abandon d’objets encombrants.
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Le résultat est visible dès la fin de journée : des plages transformées en dépotoirs, obligeant les collectivités à mobiliser d’importants moyens pour le nettoyage.
Une campagne nationale pour libérer le domaine public maritime
Cette réflexion intervient alors que les autorités tunisiennes ont lancé cette année une vaste campagne de libération du domaine public maritime.
L’objectif est notamment de lutter contre les occupations illégales du littoral, de restituer les plages au public et de protéger les espaces côtiers contre les différentes formes d’exploitation anarchique.
Cette campagne marque une volonté de reprendre le contrôle du littoral. Mais elle soulève également une autre question : protéger les plages ne consiste pas seulement à démolir les constructions illégales ou à récupérer le domaine public. Il faut aussi agir contre les comportements qui dégradent quotidiennement ces espaces.
Faut-il ouvrir le débat ?
La Tunisie devrait-elle, à son tour, réglementer davantage les pique-niques sur les plages les plus sensibles ?
L’objectif ne serait pas d’interdire systématiquement aux familles de manger sur le sable, mais de trouver un équilibre entre le droit de profiter des plages et la nécessité de préserver un patrimoine naturel fragile.
Car la véritable question dépasse le simple pique-nique. Elle touche au rapport que chacun entretient avec l’espace public. Une plage propre ne dépend pas uniquement des campagnes de nettoyage ou de l’intervention des municipalités. Elle dépend aussi du comportement des milliers de visiteurs qui la fréquentent chaque été.