Le secteur du bâtiment en Tunisie subit un nouveau choc. Plusieurs matériaux de construction enregistrent une hausse significative des prix, confirmant une tendance haussière qui pèse sur les chantiers publics comme privés.
Selon les professionnels du secteur, les prix du fer ont progressé d’environ 12%, tandis que ceux du cuivre ont bondi de près de 22%, une évolution directement liée aux tensions sur les marchés internationaux et à la fragilité de l’approvisionnement local.
Des causes multiples, entre marché mondial et contraintes locales
Dans une intervention sur les ondes de Diwan fm, Abdelfattah Brahem, membre du bureau exécutif de la Fédération nationale des entrepreneurs de bâtiment et de travaux publics, a indiqué hier soir, que des causes multiples, entre marché mondial et contraintes locales sont à l’origine de cette hausse.
Celle-ci ne s’explique pas uniquement par la conjoncture internationale, les acteurs du secteur pointent en effet, la volatilité des prix des matières premières à l’échelle mondiale, les perturbations des chaînes d’approvisionnement, mais aussi la fermeture ou la limitation de certaines carrières locales, qui réduit l’offre disponible sur le marché national.
Résultat : une pression supplémentaire sur un secteur déjà fragilisé par la hausse continue des coûts de production.
Un secteur sous tension permanente
Pour les entrepreneurs du bâtiment et des travaux publics, cette nouvelle flambée des prix risque de compliquer davantage l’exécution des projets.
Le secteur fait déjà face à des coûts de construction en hausse structurelle, des retards d’approvisionnement, et une pression sur les marges des entreprises.
Dans ce contexte, chaque variation des prix des intrants se répercute rapidement sur l’ensemble de la chaîne, du gros œuvre jusqu’aux projets immobiliers.
Un effet domino sur l’économie du logement
Au-delà du BTP, cette hausse des matériaux pourrait aussi avoir des répercussions sur le marché immobilier.
Les professionnels craignent une augmentation des coûts de construction, qui pourrait se traduire à terme par une hausse des prix du logement, dans un contexte déjà marqué par une tension sur l’accès à la propriété.
Le secteur du bâtiment reste ainsi pris en étau entre hausse des intrants, contraintes d’offre et ralentissement du pouvoir d’achat.