Un projet de réforme linguistique relance le débat sur la place de l’anglais dans le système éducatif tunisien. Lors d’une séance d’audition tenue jeudi par la commission de l’éducation à l’Assemblée des représentants du peuple, le député Hatem Labbaoui a plaidé en faveur d’un renforcement significatif de l’enseignement de l’anglais.
Selon lui, les élèves tunisiens sont en mesure d’apprendre cette langue dès la deuxième année de l’enseignement de base. Une orientation qu’il considère comme nécessaire pour « rattraper le retard », dans un contexte où l’anglais s’impose comme langue dominante dans les domaines scientifiques, économiques et technologiques.
Introduction de l’anglais comme langue fondamentale
Le projet de loi organique n°117 de l’année 2025 prévoit ainsi l’introduction de l’anglais comme langue fondamentale à partir de la deuxième année du cycle primaire. Il propose également son adoption comme langue d’enseignement pour les matières scientifiques et technologiques dès le collège, marquant un changement structurel dans les pratiques pédagogiques.
Le texte ne prône pas pour autant l’abandon du français. Le député souligne que cette langue conserverait sa place, tout en reconnaissant son usage plus restreint à l’échelle internationale, notamment sur les plans économique et scientifique.
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Autre disposition notable : l’anglais serait progressivement introduit comme deuxième langue dans les administrations publiques, ce qui élargirait son usage au-delà du seul cadre éducatif.
Exigences de la mondialisation
Ce projet intervient dans un contexte de réflexion plus large sur l’adaptation du système éducatif tunisien aux exigences de la mondialisation et du marché du travail, où la maîtrise de l’anglais est souvent perçue comme un levier d’employabilité et d’ouverture internationale.