La justice française a rejeté la demande de la Tunisie visant à obtenir l’extradition de Halima Ben Ali, fille cadette de l’ancien président Zine el-Abidine Ben Ali, selon une information relayée mercredi par l’Agence France-Presse. Cette décision met fin, à ce stade, à une procédure judiciaire ouverte depuis plusieurs mois devant les juridictions parisiennes.
Une procédure enclenchée depuis novembre 2025
Une première audience s’était tenue à Paris le 26 novembre 2025 afin d’examiner la possibilité de remettre Halima Ben Ali aux autorités tunisiennes. À l’issue de cette séance, la justice française avait réclamé des informations complémentaires à la Tunisie, notamment sur la prescription de certains faits qui lui sont reprochés.
Une seconde audience avait ensuite été organisée le 10 décembre 2025, après la transmission partielle d’éléments supplémentaires par Tunis. Le parquet général français, compétent en matière d’extradition, avait insisté sur la nécessité de clarifier les délais de prescription liés à plusieurs infractions financières retenues dans le dossier.
Des accusations de blanchiment et de détournement
Selon les éléments présentés à l’audience, la Tunisie accuse Halima Ben Ali de crimes financiers passibles de vingt ans de prison, notamment de blanchiment d’argent portant sur des fonds présumés acquis durant la période où son père était au pouvoir.
Elle fait également l’objet d’un mandat d’arrêt international émis via Interpol à la demande de la Tunisie, pour des faits liés au détournement et à l’appropriation illicite de fonds.
Un parcours entre l’Italie, Paris et Dubaï
Halima Ben Ali, 33 ans, avait déjà été interpellée en Italie en 2018, à la demande des autorités tunisiennes, avant d’être relâchée. Installée actuellement à Dubaï, elle avait été arrêtée lors d’un déplacement privé à Paris, ce qui avait relancé la procédure d’extradition.
Son avocate, Me Samia Maktouf, avait soutenu, lors de son interpellation qu’elle n’a « jamais commis de crime ou de délit » et qu’elle avait quitté la Tunisie à l’âge de 17 ans, avant de travailler et de s’installer à l’étranger.
Le refus de la justice française constitue un nouveau revers pour Tunis dans sa volonté de rapatrier certaines figures liées à l’ancien régime afin qu’elles répondent devant les tribunaux nationaux.