Le climat des affaires entre la Tunisie et la France montre des signes tangibles de consolidation. Selon le baromètre économique 2026 de la Chambre de Commerce et d’Industrie tuniso-française (CCITF), près de 47% des entreprises tuniso-françaises ont enregistré une hausse de leur chiffre d’affaires en 2025, contre une part en nette progression par rapport aux précédents exercices.
Présentés à Tunis par le secrétaire général de la CCITF, Mohamed Louzir, ces résultats traduisent une amélioration mesurée de l’environnement économique, portée davantage par la stabilisation que par une véritable phase d’expansion.
Chiffre d’affaires, investissements : le signal d’une consolidation
Réalisée auprès de 167 entreprises entre décembre 2025 et mars 2026, l’enquête fait apparaître une nette amélioration des performances. La part des sociétés ayant subi une baisse de leur chiffre d’affaires a reculé à 19%, contre 31% en 2024, tandis que les situations de stabilité et de progression gagnent du terrain.
Le volet investissement confirme cette tendance : 45% des entreprises déclarent un niveau d’investissement stable en 2025, contre 40% un an plus tôt. Cette évolution progressive du tandem chiffre d’affaires–investissement suggère une meilleure résilience des opérateurs, dans un contexte où la croissance tunisienne a elle-même montré des signes de redressement en 2025.
Le basculement est encore plus marqué dans la perception de la conjoncture : 56% des répondants jugent l’environnement économique favorable, contre seulement 10% en 2024, un bond rarement observé dans l’historique du baromètre.
Fiscalité, bureaucratie et géopolitique : les freins persistent
Malgré cette embellie, les entreprises interrogées identifient toujours plusieurs obstacles structurels majeurs. La pression fiscale demeure en tête des préoccupations, citée comme facteur d’impact fort par 68% des répondants.
Viennent ensuite les formalités administratives, la lisibilité réglementaire et le cadre économique, qui continuent de peser sur la sécurisation des décisions d’investissement. À cela s’ajoutent les conflits géopolitiques, désormais installés dans la cartographie des risques des entreprises, notamment à travers leurs effets sur les chaînes d’approvisionnement, les coûts énergétiques et la logistique.
Le baromètre souligne également le poids persistant de la réglementation des changes, de l’inflation et des limites à la liberté d’investissement, autant de facteurs qui freinent encore le passage d’une phase de consolidation à une dynamique de croissance plus offensive.
France solide, Afrique sous-exploitée : les défis de 2026
Sur le plan commercial, la France conserve son rôle de partenaire structurant. Pour 2026, 44% des entreprises anticipent des flux stables avec l’Hexagone, tandis que 27% misent sur une progression modérée.
À l’inverse, le potentiel africain reste largement sous-exploité : 44% des entreprises interrogées n’ont encore aucun échange avec le continent, malgré les opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine.
Les perspectives pour 2026 demeurent globalement favorables, avec 55% des entreprises anticipant une hausse de leur chiffre d’affaires et 39% une progression de leurs investissements.
Mais la CCITF insiste sur trois urgences : renforcer le plaidoyer sur la fiscalité et la simplification administrative, accélérer l’accompagnement des transitions durables et numériques, et surtout lever les barrières d’accès aux marchés africains pour transformer ce potentiel en relais de croissance concret.