La douane tunisienne s’apprête à franchir une nouvelle étape dans sa transformation numérique. L’intégration de l’intelligence artificielle dans son système de gestion des risques et de ciblage des déclarations douanières devrait entrer en exploitation à la fin du mois de novembre 2026, avec pour objectif de mieux détecter les opérations suspectes et de renforcer la lutte contre la fraude.
L’annonce a été faite vendredi 9 octobre par le colonel Kais Ben Zayed, responsable du bureau de l’opérateur économique agréé à la Direction générale des douanes sur les ondes de la Radio nationale. Selon lui, ce dispositif doit permettre d’améliorer la sélection des déclarations présentant un risque élevé d’infraction, tout en facilitant les procédures pour les opérateurs économiques respectueux de la réglementation.
Plus d’un million de déclarations douanières à analyser
L’enjeu est de taille pour une administration qui doit traiter d’importants volumes de données. En 2025, la douane tunisienne a étudié plus de 1,5 million de déclarations douanières, a indiqué Ben Zayed. L’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique doivent permettre d’analyser ces volumes de données afin de mieux identifier les dossiers nécessitant des contrôles approfondis.
Le principe consiste à orienter les moyens de contrôle vers les opérations présentant les risques les plus élevés, plutôt que de mobiliser les mêmes ressources sur l’ensemble des déclarations. Une telle approche pourrait contribuer à améliorer l’efficacité des contrôles et à limiter les possibilités de fraude commerciale et douanière.
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Cette évolution s’inscrit dans la stratégie nationale de modernisation de l’administration douanière. Le responsable a souligné que le projet repose sur les compétences tunisiennes au sein de la douane, dans le cadre des efforts visant à intégrer de nouveaux outils technologiques aux méthodes de travail existantes.
La numérisation des services se poursuit
L’intégration de l’intelligence artificielle intervient alors que la Direction générale des douanes poursuit la dématérialisation de ses procédures. Selon Kais Ben Zayed, neuf à dix services ont déjà été numérisés, permettant aux citoyens et aux opérateurs économiques de bénéficier de démarches facilitées, notamment à distance.
Le recours à l’IA ne signifie toutefois pas que les décisions de contrôle seront entièrement automatisées. Ces technologies doivent rester des outils d’aide à la décision, tandis que l’intervention et l’expertise des agents demeurent essentielles pour apprécier les situations et décider des suites à donner aux dossiers.
La mise en exploitation annoncée pour fin novembre constituera ainsi une nouvelle étape dans la modernisation de la douane tunisienne. Son efficacité dépendra notamment de la capacité du système à repérer les risques pertinents, de la qualité des données exploitées et de son intégration dans le travail quotidien des agents.