Le terrible effondrement d’un mur dans un lycée de Mezzouna, ayant causé la mort de plusieurs élèves et blessé d’autres, a provoqué une onde de choc en Tunisie.
Parmi les nombreuses réactions, celle du parti Ennahdha retient particulièrement l’attention. Dans un communiqué officiel publié le 14 avril, le mouvement exprime sa douleur, présente ses condoléances, mais surtout, fustige la « négligence » des autorités actuelles, accusées d’avoir ignoré les alertes concernant l’état dégradé des infrastructures scolaires.
Un message fort, mais qui soulève une question dérangeante : Ennahdha, qui a dirigé ou partagé le pouvoir pendant une décennie après 2011, ne porte-t-il pas lui aussi une part de responsabilité dans l’état actuel des infrastructures publiques ? Le problème de l’école tunisienne, de son sous-financement, de ses bâtiments délabrés et du manque d’entretien chronique, ne date pas d’hier. Et les gouvernements successifs où le parti islamiste a eu son mot à dire n’ont pas toujours su – ou voulu – engager des réformes profondes.
Aujourd’hui dans l’opposition, Ennahdha réclame l’élaboration d’un plan national de réhabilitation des infrastructures, tout en dénonçant l’absence de dialogue et les règlements de comptes politiques. Une position classique pour un parti qui tente de se repositionner sur l’échiquier politique, mais qui ne manquera pas de faire réagir ses détracteurs, notamment dans les rangs de la société civile et des enseignants, qui pointent régulièrement la continuité des défaillances de l’État, quel que soit le gouvernement en place.
Le drame de Mezzouna remet cruellement sur le devant de la scène la question de la sécurité dans les établissements scolaires. Et ce que les Tunisiens attendent aujourd’hui, au-delà des querelles politiciennes, ce sont des actes concrets pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise.