Le dossier des crevettes rouges tunisiennes franchira une nouvelle étape à Rome à la fin du mois. La 49e session annuelle de la Commission générale des pêches pour la Méditerranée (CGPM), prévue du 26 au 30 octobre, doit définir le nouveau cadre de gestion de la crevette rouge dans le détroit de Sicile et pourrait aussi devenir le rendez-vous décisif pour le différend sur le dépassement du quota tunisien de 2026.
Le quota tunisien au cœur des discussions
Le dossier remonte à l’été. En juillet, Webdo rapportait que la Tunisie avait dépassé de 41,5% le quota de crevettes rouges qui lui était attribué pour 2026. La limite annuelle avait été fixée à 36 tonnes, tandis que les certificats de capture validés par les autorités tunisiennes et destinés au marché européen atteignaient au moins 50,96 tonnes.
Ce dépassement avait entraîné le blocage de cargaisons tunisiennes destinées au marché italien. Bruxelles avait alors rappelé que les limites de capture fixées dans le cadre de la CGPM s’appliquaient à l’ensemble des parties contractantes.
La Tunisie conteste pour sa part le mode de calcul du quota, estimant que les données historiques utilisées ne reflètent pas suffisamment la réalité de sa flotte et de ses captures.
La réunion de Rome arrive donc à un moment clé. Les discussions porteront notamment sur les mesures de gestion pour 2027 concernant la crevette rouge géante (Aristaeomorpha foliacea) ainsi que la crevette rouge et bleue (Aristeus antennatus) dans les sous-zones GSA 12 à 16, qui concernent directement la Tunisie et l’Italie.
Une séquence qui se poursuivra en novembre
Le calendrier ne s’arrêtera toutefois pas à la session de la CGPM.
Selon Agenzia Nova, des réunions techniques sont prévues en novembre, tandis qu’une délégation de l’Union européenne doit se rendre en Tunisie le 16 novembre. Cette visite concernera notamment les infrastructures portuaires et les conditions sanitaires liées à l’exportation des produits de la pêche.
À Sousse, des travaux sont en cours dans le port et au marché de gros aux poissons : réfection des revêtements, amélioration de l’éclairage, systèmes de drainage et d’eaux usées, entretien des chambres froides et du dispositif de production de glace.
À Hergla, l’activité portuaire a repris et le marché de gros est considéré comme opérationnel, même si certaines procédures d’agrément vétérinaire restent à finaliser. L’objectif est notamment de renforcer la traçabilité, les contrôles vétérinaires et la chaîne du froid. Le marché de gros de Sousse devrait être opérationnel d’ici la fin octobre.
Deux dossiers, un même enjeu européen
La séquence est donc désormais clairement établie : Rome du 26 au 30 octobre pour le dossier des quotas, puis novembre pour les discussions techniques et le volet sanitaire.
Agenzia Nova précise toutefois que les deux dossiers restent distincts. Pour la Tunisie, l’enjeu immédiat est de faire valoir ses données et sa position sur le quota 2026, tout en participant aux discussions qui détermineront les règles applicables à partir de 2027.
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