Face à l’ampleur des besoins liés à sa transition climatique, la Tunisie cherche à revoir sa manière de mobiliser les financements internationaux. Réunis mercredi à Tunis, plusieurs ministères et partenaires étrangers ont plaidé pour une approche davantage coordonnée, fondée sur des projets capables de combiner plusieurs sources de financement.
Ne plus seulement chercher des financements
Le message porté lors de l’atelier national consacré à l’accès de la Tunisie aux financements climatiques est clair : il ne suffit plus de rechercher des ressources pour financer des projets déjà définis.
À l’ouverture de la rencontre, le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, a insisté sur la nécessité de construire des projets « bancables », susceptibles d’attirer et de combiner différentes sources de financement.
« Il ne s’agit plus seulement de chercher un financement pour un projet », a-t-il expliqué, mais de faire évoluer l’approche afin de transformer les ambitions climatiques en investissements concrets.
Cette orientation intervient alors que la Tunisie estime à environ 55 milliards de dollars les besoins nécessaires à la mise en œuvre de sa CDN 3.0 sur la période 2026-2035. Une grande partie de ces ressources doit être recherchée à l’international à travers les instruments de la finance climatique.
La diplomatie appelée à jouer un rôle
L’atelier, organisé avec l’appui du PNUD par les ministères des Affaires étrangères, de l’Environnement, des Finances et de l’Économie et de la Planification, a réuni plusieurs partenaires internationaux, dont la GIZ, la JICA, l’AFD, la KfW et la BERD.
Pour Mohamed Ali Nafti, cette mobilisation constitue désormais un axe important de la diplomatie tunisienne. Le ministre estime que les ressources obtenues jusqu’à présent restent en deçà du potentiel du pays et appelle à « changer d’échelle et d’approche ».
Il a également plaidé pour une exploration accrue des mécanismes de conversion de la dette en projets de développement, afin de diversifier les instruments susceptibles de financer les priorités nationales.
La coordonnatrice résidente des Nations unies en Tunisie, Rana Taha, a, de son côté, insisté sur la nécessité de connecter les différents acteurs afin de créer un cadre de coopération aligné sur les priorités nationales.
Le carbone et les projets verts dans la ligne de mire
Le ministre de l’Environnement, Habib Abid, a pour sa part appelé à accélérer la mise en place de l’autorité carbone en Tunisie. L’objectif est notamment de permettre au pays de mieux tirer parti des mécanismes de financement prévus par l’article 6 de l’Accord de Paris.
La Tunisie entend également mobiliser davantage de ressources pour ses priorités environnementales, notamment dans les énergies renouvelables, l’économie circulaire et la protection du littoral.
Le programme de la Ceinture verte, qui prévoit la restauration d’environ 260.000 hectares de terres dégradées et le développement d’emplois verts dans les zones rurales, figure parmi les projets mis en avant par le ministre de l’Environnement.
Pour le PNUD, la Tunisie dispose déjà d’expériences susceptibles de servir de références, notamment avec le programme Prosol thermique, qui a permis l’installation d’un million de mètres carrés de capteurs solaires.
La nouvelle approche défendue à Tunis consiste ainsi à mieux articuler projets, expertise technique et financements, avec l’ambition de transformer les engagements climatiques du pays en investissements effectivement réalisables.
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