A compter du 1er novembre 2026, les banques tunisiennes devront immobiliser davantage de liquidités auprès de la Banque centrale sur les dépôts à vue et les autres sommes dues à la clientèle. Le taux de réserves obligatoires passe de 1% à 3%, alors que le taux directeur reste fixé à 7%.
Une hausse ciblée sur les dépôts à vue
La Banque centrale de Tunisie (BCT) renforce les contraintes de réserves imposées aux banques. Dans sa circulaire n° 2026-11, datée du 9 octobre 2026, elle remplace la grille des taux figurant dans le manuel des opérations de politique monétaire.
Le taux applicable aux comptes à vue et aux autres sommes dues à la clientèle passe ainsi de 1% à 3%. La nouvelle grille entrera en vigueur le 1er novembre.
En revanche, les comptes spéciaux d’épargne, les autres comptes d’épargne, les dépôts à terme et les certificats de dépôt restent soumis à un taux de réserves obligatoires de 0%.
Des liquidités supplémentaires à immobiliser
Les réserves obligatoires correspondent à la part des dépôts assujettis que les banques doivent conserver auprès de la BCT. En relevant le taux de 1% à 3%, l’institut d’émission augmente donc les ressources que les établissements bancaires doivent consacrer à cette obligation.
À titre d’exemple, pour un milliard de dinars de dépôts soumis à ce taux, les réserves exigées passent de 10 à 30 millions de dinars, soit 20 millions supplémentaires à immobiliser.
Cette mesure intervient alors que le taux directeur de la BCT est maintenu à 7%. Elle constitue ainsi un autre levier de politique monétaire, agissant sur les quantités de liquidités bancaires plutôt que par une modification du principal taux de référence.
Le financement de l’économie en question
La décision suscite des interrogations sur ses effets possibles sur le crédit. L’économiste Ridha Chkoundali estime que le relèvement des réserves obligatoires risque de réduire les marges de manœuvre des banques pour financer l’investissement privé et les petites et moyennes entreprises.
Il pointe également une tension possible entre cette mesure et les dispositifs publics destinés à faciliter l’accès au financement, notamment les prêts d’honneur sans intérêts.
Ces conséquences restent toutefois des risques avancés par l’économiste, et non des effets déjà constatés. La circulaire fixe les nouvelles obligations de réserves, mais ne présente pas explicitement une réduction du crédit comme son objectif.
Une nouvelle étape dans le resserrement monétaire
Le mécanisme vise notamment à agir sur les liquidités disponibles dans le système bancaire et à renforcer la capacité de la Banque centrale à réguler le marché monétaire.
Le changement de taux ne signifie donc pas automatiquement que les banques réduiront leurs crédits ou en augmenteront le coût. Son effet dépendra aussi de leur situation de liquidité, de leurs choix de financement et de l’évolution de la demande de crédit.
La nouvelle grille s’appliquera à partir du 1er novembre 2026, conformément à la circulaire signée par le gouverneur de la BCT, Fethi Zouhaier Nouri.
Lire aussi :