Une association de protection animale à Sousse a engagé une démarche officielle contre deux prédicateurs religieux, l’un exerçant à Sousse et l’autre à Sfax, à la suite de propos tenus dans plusieurs tribunes et émissions télévisées au sujet des animaux errants.
L’avocate près la Cour d’appel, Yosr Aoun, représentant l’association « Rahma » pour la protection des animaux à Sousse, a annoncé avoir déposé une plainte auprès du ministère des Affaires religieuses. La démarche vise des déclarations et des appels qui, selon elle, inciteraient à ne plus nourrir ou abreuver les animaux errants et justifieraient, dans certains cas, leur empoisonnement ou leur mise à mort.
Intervenant jeudi sur Jawhara FM, l’avocate a estimé que les discours concernés dépassaient la simple expression d’un avis sur la gestion des animaux errants. Elle a notamment dénoncé des propos présentant le fait de nourrir ou d’abreuver ces animaux comme une diminution des bonnes actions, ainsi que des expressions jugées offensantes à l’égard des propriétaires d’animaux et des militants engagés dans leur protection.
Un recours d’abord administratif
Pour l’association, le choix a, dans un premier temps, été de saisir le ministère des Affaires religieuses, en tant qu’autorité de tutelle. L’objectif est d’obtenir une correction de ce discours et la publication d’une prise de position appelant au respect de la compassion envers les animaux.
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Yosr Aoun a souligné l’influence morale dont disposent les prédicateurs auprès d’une partie du public, estimant nécessaire d’intervenir rapidement afin d’éviter que certains discours ne soient interprétés comme une légitimation de la violence contre les animaux errants.
La voie judiciaire n’est toutefois pas écartée. Selon l’avocate, l’absence de réaction de la part du ministère pourrait conduire l’association « Rahma » à saisir la justice.
Un vide juridique pointé du doigt
Au-delà de cette affaire, la plainte remet sur la table la question de la protection juridique des animaux en Tunisie et, plus particulièrement, celle des animaux errants. L’avocate a ainsi appelé à combler ce qu’elle considère comme un vide législatif concernant la criminalisation de l’incitation au meurtre ou à la maltraitance des animaux.
La question des chiens et chats errants demeure un sujet sensible dans plusieurs villes tunisiennes, où les préoccupations liées à la sécurité publique et à la santé coexistent avec les revendications des associations de protection animale. Cette nouvelle démarche pourrait ainsi relancer le débat sur les méthodes à adopter pour gérer les populations animales errantes, entre campagnes de stérilisation, prise en charge, vaccination et respect du bien-être animal.